Ce mercredi 14 juin, le Parlement européen a adopté sa position sur l'AI Act par 499 voix pour, 28 contre et 93 abstentions. Les négociations avec le Conseil sur la forme finale de la législation ont déjà débuté.
Pour rappel, l'AI Act vise à ce que l’IA qui est développée et utilisée en Europe soit pleinement conforme aux droits et valeurs de l’UE, notamment sur la surveillance humaine, la sécurité, la protection de la vie privée, la transparence, la non-discrimination et le bien-être social et environnemental.
Les récents développements de l’IA générative et de modèles de fondation, notamment celui de ChatGPT, ne pouvaient pas être prévus dans la proposition initiale de l’AI Act. Ils sont venus perturber les débats des eurodéputés, entraînant le report du vote de la Commission européenne prévu le 26 avril dernier. Les législateurs européens étaient toutefois parvenus à un accord politique le 27 avril, ont ensuite partagé une version affinée des amendements de compromis le 5 mai suivant. Les comités des libertés civiles et du marché intérieur du Parlement ont ensuite adopté la loi le 11.
L'étape suivante était donc l'adoption en plénière qui vient d'avoir lieu ce 14 juin. La version adoptée inclut l'interdiction des utilisations intrusives et discriminatoires de l’IA, notamment :
- les systèmes d’identification biométriques à distance en "temps réel" dans les espaces accessibles au public ;
- les systèmes d'identification biométrique à distance "a posteriori", à la seule exception des forces de l'ordre pour la poursuite de crimes graves, et seulement après autorisation judiciaire ;
- les systèmes d'identification biométrique utilisant des caractéristiques sensibles (par exemple, le genre, la race, l’origine ethnique, le statut de citoyen, la religion, l’orientation politique) ;
- les systèmes de police prédictive (fondés sur le profilage, la localisation ou le comportement criminel passé) ;
- les systèmes de reconnaissance des émotions utilisés dans les services répressifs, la gestion des frontières, le lieu de travail et les établissements d’enseignement ;
- la saisie non ciblée d’images faciales provenant d’internet ou de séquences de vidéosurveillance en vue de créer des bases de données de reconnaissance faciale (ce qui constitue une violation des droits humains et du droit au respect de la vie privée).