Que reproche exactement la Commission à Apple ?
Selon la Commission, les règles d'Apple concernant l'App Store empêchent les développeurs d'orienter librement les consommateurs vers d'autres canaux d'achat et de contenu. L'avis préliminaire souligne :- Des restrictions sur les informations et la communication : les développeurs ne peuvent pas fournir d'informations sur les prix ou promouvoir des offres disponibles sur d'autres plateformes directement depuis l'application ;
- Une orientation limitée via des liens : Apple autorise uniquement les développeurs à inclure des liens dans leurs applications, redirigeant les utilisateurs vers des sites web externes. Toutefois, ce processus est soumis à des restrictions strictes qui limitent la capacité des développeurs à communiquer et à conclure des ventes ;
- Des commissions excessives : Apple facture des commissions non seulement pour l'acquisition initiale de nouveaux clients via l'App Store, mais aussi pour chaque achat de biens ou services numériques effectué dans les sept jours suivant l'utilisation d'un lien externe, une pratique jugée excessive par la Commission.
"Nous craignons que les obligations de la DMA en matière d'interopérabilité ne nous force à mettre en péril l'intégrité de nos produits d'une manière risquée pour la sécurité des données et leur protection".
Ouverture d'une nouvelle enquête
Par ailleurs, la Commission a ouvert une nouvelle enquête visant à déterminer si les nouvelles conditions contractuelles d'Apple respectent les exigences de nécessité et de proportionnalité du DMA. Les principaux points d'examen incluent :- Le "Core Technology Fee" : Une commission de 50 centimes d'euro par application installée, imposée aux développeurs de boutiques d'applications et d'applications tierces ;
- Le parcours utilisateur pour installation d'applications : Les multiples étapes nécessaires pour télécharger et installer des boutiques d'applications ou des applications alternatives sur les iPhones ;
- Les conditions d'éligibilité des développeurs : Les critères que les développeurs doivent remplir pour proposer des boutiques d'applications ou distribuer des applications directement depuis le web, y compris l'exigence d'une "adhésion en règle" au programme Apple Developer.
"Le nouveau mot d’ordre chez Apple devrait être d’«agir différemment». Aujourd’hui, nous prenons de nouvelles mesures pour garantir qu’Apple respecte les dispositions du DMA. Nous avons des raisons de penser que les règles relatives à l’App Store ne permettant pas aux développeurs d’applications de communiquer librement avec leurs propres utilisateurs sont contraires au DMA. Nous ouvrons également un nouveau dossier concernant les nouvelles conditions commerciales d’Apple relatives à iOS. Sans préjudice des droits de la défense d’Apple, nous sommes déterminés à utiliser la panoplie d’outils bien établis et efficaces offerte par le DMA pour enfin ouvrir de réelles possibilités au bénéfice des innovateurs et des consommateurs".