« C’est un chercheur qui est très généreux et qui partage ses lauriers avec la communauté. Il avait comme vision de faire de Montréal la Sillicon Valley de l’intelligence artificielle et ça s’en vient ! »
Le bien commun avant tout
Alors que Yan LeCun est responsable de la recherche en IA pour Meta (l’ex-Facebook) et Geoffrey Hinton l'est pour Alphabet (la société mère de Google), Yoshua Bengio préfère rester dans le monde académique et a refusé des offres du privé très alléchantes. Il avait d'ailleurs déclaré au cours d'une interview :« Quand on fait de la recherche, ce qui nous motive, c’est quelque chose de très intangible, c’est quelque chose d'assez intérieur qui fait qu'on a envie d'être bien avec notre travail, on a envie que ce que l'on fait soit utilisé pour le bien dans la société. Je pourrais gagner beaucoup plus d'argent ailleurs, c'est scandaleux même ce qu'on peut offrir, mais je me sens mieux dans une université, j'ai l'impression de pouvoir apporter à un grand nombre. »Lors de cette cérémonie, Kareen Rispal, a d'ailleurs tenu à souligner le côté engagé et humaniste du chercheur montréalais dans le débat sur les impacts éthiques et sociétaux de l’intelligence artificielle. Elle a notamment mentionné la participation de Yoshua Bengio dans l’élaboration de la Déclaration franco-canadienne sur l’intelligence artificielle. Adoptée en 2018, cette déclaration promeut « une vision de l’intelligence artificielle centrée sur l’humain et axée sur le respect des droits de la personne, l’inclusion, la diversité, l’innovation et la croissance économique. » Elle a d'ailleurs déclaré au chercheur :
« Toutes vos qualités scientifiques et universitaires justifient déjà à elles seules cette reconnaissance. Mais votre grande contribution, celle qui dépasse la portée de vos travaux scientifiques, c’est votre détermination à partager le savoir afin de favoriser l’enrichissement des connaissances et le transfert de technologies. Par l’ensemble de votre action, vous avez été, et vous êtes encore, un véritable catalyseur pour le secteur technologique de Montréal. »Ce dernier conclut :
« C’est un grand honneur d’être décoré de cet insigne par la République française, le pays qui m’a vu naître et grandir, et de le recevoir ici, à Montréal. Je remercie l’ordre national de m’avoir sélectionné. Je suis convaincu que c’est par la coopération internationale ainsi que par la collaboration et l’interdisciplinarité scientifiques que nous réussirons à résoudre les nombreux défis humains, sociaux et environnementaux de notre époque. À cet effet, l’intelligence artificielle est un puissant outil d’innovation qu’on doit implanter au bénéfice des populations de nos pays respectifs et du monde. »
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