Conformément à l'annonce faite dans le cadre de sa stratégie sur l'intelligence artificielle (IA) adoptée en avril 2018, la Commission a présenté ce 7 décembre un plan coordonné élaboré avec les États membres pour favoriser le développement et l'utilisation de l'IA en Europe.
Ce plan propose des actions communes pour une coopération plus étroite et plus efficace entre les États membres, la Norvège, la Suisse et la Commission européenne dans quatre domaines d'action essentiels :
- accroître les investissements,
- rendre davantage de données disponibles,
- cultiver les talents
- et garantir la confiance.
« Je suis heureux de voir que les pays européens ont bien progressé. Nous avons décidé de travailler ensemble pour mettre en commun les données — la matière première de l'lA — dans des secteurs tels que les soins de santé afin d'améliorer les diagnostics et le traitement du cancer. Nous coordonnerons les investissements: notre objectif est de dégager au moins 20 milliards d'euros d'investissements privés et publics d'ici à la fin de 2020. C'est essentiel pour la croissance et l'emploi. L'IA n'est pas un domaine accessoire, elle façonnera notre avenir. »Mariya Gabriel, commissaire pour l'économie et la société numériques, s'est exprimée en ces termes :
« Comme l'électricité jadis, l'IA transforme notre monde. En collaboration avec les États membres, nous allons accroître les investissements pour déployer l'IA dans tous les secteurs de l'économie, soutenir des compétences de pointe et maximiser la disponibilité des données. Le plan d'action coordonné va permettre à l'Europe de profiter des avantages qu'offre l'IA aux citoyens et aux entreprises et d'être compétitive au niveau mondial, en préservant la confiance et dans le respect de valeurs éthiques ».Au cours des six derniers mois, les représentants des États membres, de la Norvège, de la Suisse et de la Commission se sont réunis pour recenser les synergies et les actions communes qui seront désormais réexaminées et mises à jour tous les ans. La priorité a été donnée à des domaines d'intérêt public, tels que les soins de santé, les transports et la mobilité, la sécurité et l'énergie. Les décisions prises sont les suivantes:
1. Maximiser les investissements par l'intermédiaire de partenariats
Par rapport à d'autres régions du monde telles que les États-Unis et la Chine, le secteur européen de l'IA est caractérisé par la faiblesse et la fragmentation des investissements. Dans le droit fil de la stratégie présentée en avril, le plan prévoit une coordination accrue des investissements, ce qui renforce les synergies et permet de consacrer au moins 20 milliards d'euros d'investissements publics et privés à la recherche et l'innovation dans le domaine de l'IA d'ici à la fin de 2020 et plus de 20 milliards d'euros par an d'investissements publics et privés au cours de la décennie suivante. En complément des investissements nationaux, la Commission va investir 1,5 milliard d'euros d'ici à 2020, soit une augmentation de 70 % par rapport à la période 2014-2017. Pour le prochain budget à long terme de l'UE (2021-2027), l'UE a proposé d'investir au moins 7 milliards d'euros au titre du programme « Horizon Europe » et du programme pour une Europe numérique. Les actions communes proposées pour atteindre ces objectifs d'investissement sont notamment les suivantes:- Stratégies nationales en matière d'IA : d'ici à la mi-2019, tous les États membres devraient avoir mis en place des stratégies nationales indiquant les niveaux d'investissement et les mesures de mise en œuvre prévus, qui alimenteront les débats au niveau de l'UE.
- Un nouveau partenariat public-privé européen dans le domaine de l'IA : un nouveau partenariat pour la recherche et l'innovation dans le domaine de l'IA sera mis en place pour encourager la collaboration entre le monde universitaire et l'industrie en Europe et définir un agenda de recherche stratégique commun pour l'IA.
- Un nouveau fonds pour favoriser l'expansion dans le domaine de l'IA : La Commission va soutenir les jeunes pousses et entreprises innovantes du secteur de l'IA et des chaînes de blocs qui sont en phase de démarrage, ainsi que les entreprises en phase d'expansion.
- Créer et mettre en réseau des centres d'excellence de classe mondiale en matière d'IA : Des centres d'excellence en matière d'IA seront créés et mis en réseau, des installations d'essai de classe mondiale seront mises en place dans des domaines tels que la mobilité connectée, et l'adoption de l'IA dans tous les secteurs de l'économie sera encouragée par des pôles d'innovation numérique (66 millions d'euros sont annoncés aujourd'hui pour les pôles de robotique). Une initiative pilote du Conseil européen de l'innovation sera également lancée pour soutenir la prochaine génération de technologies de l'IA.