Usages de l'IA et objectifs des ODD
L’enquête met en lumière que 9 % des entreprises priorisent les pratiques de travail éthique dans leur utilisation de l’IA, ce qui dépasse d'autres considérations comme la neutralité carbone. Dejan Glavas, professeur de finance et Directeur de l’Institut "AI for Sustainability" de l'ESSCA, souligne :"La majorité des entreprises ont déjà commencé à utiliser l'IA pour atteindre des objectifs de développement durable (seules 15 % ne le font pas). Il est néanmoins intéressant de constater que l'usage de l'IA pour atteindre des objectifs environnementaux passe au second plan par rapport aux enjeux sociétaux".
Considérations éthiques et risques de l'IA
Sur le plan éthique, les entreprises interrogées se préoccupent principalement de la transparence des processus décisionnels liés à l'IA (25 %), de la confidentialité des données (20 %) et des biais algorithmiques (15 %). En revanche, des questions comme l'impact social potentiel des pertes d'emplois générées par l'IA (10 %) et l’impact direct sur le climat avec les émissions de CO2 (5 %) sont moins prioritaires. Les risques associés à l’IA, souvent amplifiés par des problématiques préexistantes comme la gestion des données (29 %), sont encore sous-estimés par de nombreuses entreprises. Celles-ci n’ont pas encore pleinement pris la mesure des nouveaux défis posés par l’IA, comme les biais algorithmiques, les erreurs de perception des systèmes d’IA, les interactions entre humains et machines, et l’importance d’un contrôle humain adéquat. Par ailleurs, 18 % des entreprises ont dû ajuster ou interrompre un projet d’IA en raison de problèmes éthiques. L'étude révèle que 44 % des entreprises n’ont pas encore établi de lignes directrices éthiques pour l’utilisation de l’IA. Laurent Inard, Associé et Responsable de la R&D chez Forvis Mazars en France commente :"Les résultats de ce baromètre sont d’autant plus intéressants si on considère que seulement 18 % des entreprises françaises se disent prêtes à gérer les perturbations et risques liés à l'IA, contre 34 % des entreprises britanniques. Par ailleurs, 29 % des répondants français considèrent leur entreprise totalement impréparée, comparé à seulement 15 % des britanniques".