Un accord politique sur l'AI Act était attendu mercredi dernier. Les discussions qui ont débuté au début de l'après-midi se sont prolongées 22 heures durant, mais la loi européenne sur l'IA n'a pu être finalisée. Les travaux entre la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l'Europe ont donc repris ce matin à 9 heures.
L'UE a été la première à vouloir instaurer un cadre réglementaire pour l'IA, visant à réguler l’intelligence artificielle en fonction de son potentiel à causer des dommages. Elle espérait que d'autres pays s'en inspireraient.
Les négociations du trilogue avançaient plutôt bien jusqu'à ce que l'IA générative ne prenne son essor, envenime les discussions entre le Conseil et le Parlement, et ne sème ensuite la discorde entre partisans de la réglementation stricte adoptée en juin dernier par le Parlement et ceux d'une réglementation plus souple à l'instar de celle que les Etats-Unis veulent mettre en place.
En mai dernier, les législateurs européens avaient distingué les systèmes d’IA à usage général et les modèles de fondation, en introduisant un régime plus strict pour ces derniers, en matière de transparence, de gestion des risques et de gouvernance des données. Les systèmes biométriques, classés comme présentant un risque inacceptable étaient interdits.
Brando Benifei, l’un des co-rapporteurs du dossier, déclarait alors :
“Nous sommes sur le point de construire une véritable législation phare pour le paysage numérique, non seulement pour l’Europe, mais aussi pour le monde entier”.
Lors d’une réunion du Conseil Européen le 9 novembre dernier, la France, l’Allemagne et l’Italie, se sont opposés à une règlementation des modèles de fondation, privilégiant l'autorégulation de leurs fournisseurs, mais faisant porter la responsabilité à ceux qui les utilisent pour leurs applications spécifiques. Les législateurs se trouvent aujourd'hui face à un défi : s'ils ne parviennent pas à s'entendre aujourd'hui, les négociations seront sans doute repoussées après les élections européennes en juin prochain. Mais selon Thierry Breton, Commissaire européen, "De nombreux progrès ont été réalisés au cours des dernières 22 heures sur le #AIAct".