Datacenter / supercalculateur

Google mise sur le nucléaire pour son expansion en Finlande

Google prévoit au moins 13 milliards d’euros d’investissements en Finlande en 2027 et 2028. Un contrat d’achat d’électricité de 22 ans avec Fortum lie cette expansion à la prolongation de la centrale de Loviisa, avec un enjeu commun : rendre les investissements dans le calcul et dans l’énergie compatibles dans la durée.

STStephane Nachez · ·4 min
Google investit 13 milliards d'euros en Finlande sur deux ans
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Google accompagne son expansion finlandaise d’un engagement électrique qui dépasse largement le calendrier de construction de ses data centers. Le groupe a annoncé le 9 septembre 2026 un programme de 13 milliards d’euros consacré aux infrastructures numériques, à l’énergie et aux partenariats locaux. Les chantiers doivent se concentrer sur 2027 et 2028. L’accord signé avec Fortum, lui, porte sur 22 ans. Cette différence d’horizon éclaire une condition de la croissance de l’IA en Europe : disposer d’une production électrique capable d’accompagner durablement les nouvelles capacités de calcul.

Loviisa, un engagement qui court jusqu’en 2049

Le contrat détaillé par Fortum doit commencer en 2028 avec une part limitée de la production, puis couvrir 50 % de la capacité de la centrale nucléaire de Loviisa entre 2030 et 2049. L’énergéticien explique que ces revenus prévisibles soutiendront son programme de prolongation de fonctionnement jusqu’en 2050. Ce programme représente environ un milliard d’euros d’investissements ; 700 millions restent soumis à des décisions d’investissement. Le contrat commercial ne signifie donc pas que tous les travaux sont déjà engagés.

L’enjeu économique est celui du partage du risque. En s’engageant à acheter de l’électricité sur une longue période, Google donne à son fournisseur de la visibilité sur la demande future. Fortum peut ainsi appuyer les dépenses liées à un actif existant sur un débouché identifié. Cette articulation rapproche deux décisions souvent présentées séparément : agrandir les infrastructures numériques et financer les moyens de les alimenter. Elle engage aussi l’acheteur bien au-delà de la durée de vie d’une génération de puces.

Les deux entreprises ont également signé un protocole d’accord pour explorer de nouvelles capacités nucléaires, renouvelables et de flexibilité. Ces pistes restent à développer. À Kajaani, Fortum doit notamment optimiser un système de batteries de 94 MW contracté par Google.

Une demande de calcul à raccorder au réseau

Le contexte dépasse la Finlande. Dans son rapport 2026 sur l’énergie et l’IA, l’Agence internationale de l’énergie projette une consommation électrique mondiale des data centers passant de 485 TWh en 2025 à environ 950 TWh en 2030. Ce total couvre l’ensemble des centres de données. L’agence prévoit une croissance plus rapide du sous-ensemble consacré à l’IA et souligne les tensions sur les raccordements, les équipements électriques et le financement.

L’association d’une production nucléaire et de batteries répond à des fonctions différentes. La première apporte une production bas carbone ; le stockage permet de déplacer une partie de l’électricité disponible dans le temps. Leur combinaison ne dispense pas de dimensionner les raccordements et le réseau local. Un contrat d’achat sécurise une relation commerciale, tandis que l’acheminement de l’électricité dépend d’infrastructures physiques et de leurs contraintes.

L’AIE relève que les effets sur les prix dépendent notamment de l’équilibre local entre offre et demande et de la répartition des coûts de réseau. L’accord avec Fortum apporte donc une réponse documentée au financement de la production. Il ne suffit pas, à lui seul, à établir que les ménages et les autres industriels bénéficieront d’une baisse de leur facture. Les capacités effectivement mises en service et leur calendrier permettront de juger cet effet.

Des retombées annoncées à distinguer des recrutements

Google présente ce programme comme son plus important investissement unique en Europe. Son communiqué économique estime que la phase de construction soutiendra plus de 37 000 emplois à l’échelle du pays et contribuera en moyenne à hauteur de 3,6 milliards d’euros par an au PIB finlandais. En exploitation, les installations sont censées soutenir 7 000 emplois par an. Ces projections englobent un tissu de fournisseurs et d’activités locales : elles ne constituent pas des annonces d’embauches directes chez Google.

La réalisation du programme se suivra sur deux calendriers précis : les constructions annoncées pour 2027 et 2028, puis la montée du contrat de Loviisa à la moitié de la capacité de la centrale en 2030.

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Stephane Nachez

Rédaction ActuIA — actualités, données et analyses sur l'intelligence artificielle pour les décideurs.

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