La Linux Foundation a dévoilé DNS-AID (Agent IA Discovery), un projet open source qui propose d'utiliser le DNS, l'annuaire historique d'Internet, comme couche de découverte des agents IA, rapporte Le Monde Informatique. Le mécanisme repose sur une entrée DNS standardisée qui sert de point d'entrée pour qu'un agent publie ses capacités et qu'un autre vienne les interroger, sans passer par un registre propriétaire. 

DNS-AID s'appuie sur les standards ouverts du DNS et sur DNSSEC, sans ajouter de nouvelle couche d'infrastructure centralisée. Concrètement, les développeurs publieraient les capacités de leurs agents sous une entrée standardisée de type _index._agents.{domain}, exploitable par tout opérateur de domaine sans intégration propriétaire. Le projet, initialement développé par Infoblox puis transféré à la Linux Foundation pour en garantir la neutralité, est soutenu par Cloudflare, Equinix, GoDaddy ou encore Internet Systems Consortium, et a déjà reçu des contributions de Deutsche Telekom et d'Amazon (communiqué).

L'enjeu est concurrentiel: AWS, Azure et Google poussent déjà leurs propres registres d'agents (InfoWorld), chacun adossé à son cloud. AWS, qui aurait lancé fin mai une nouvelle infrastructure cloud pensée pour l'ère agentique selon TechCrunch, n'a pas rejoint DNS-AID - signe que la bataille sur la couche de découverte des agents reste ouverte. Pour un DSI qui prépare un parc d'agents multi-fournisseurs, miser sur un annuaire adossé au DNS plutôt que sur le registre d'un hyperscaler revient à choisir un standard ouvert, au prix d'une maturité encore limitée: la version reste préliminaire et plusieurs détails techniques restent à finaliser.

Côté implémentation, le projet livre un SDK Python, une interface en ligne de commande et un serveur compatible MCP (Model Context Protocol), hébergés sur GitHub, pour que les développeurs testent le mécanisme de découverte sans modifier leurs zones DNS existantes. Réserve d'usage: DNS-AID est qualifié de «version préliminaire» par la Fondation elle-même, et «plusieurs détails techniques restent à finaliser». À ce stade, c'est un drapeau planté sur l'infrastructure ouverte plus qu'un standard arrêté - mais un drapeau qui arrive avec Cloudflare et l'Internet Systems Consortium derrière, soit deux acteurs centraux du DNS mondial.