Les 5 propositions de Microsoft pour la gouvernance publique de l’IA
Microsoft entend contribuer de manière constructive aux travaux à venir. tout en reconnaissant que ses propositions méritent d'être approfondies.Mettre en œuvre et s’appuyer sur de nouveaux cadres de sécurité de l’IA dirigés par le gouvernement
Pour y parvenir plus rapidement, Microsoft suggère de tirer parti des travaux réalisés il y a à peine quatre mois par le National Institute of Standards and Technology (NIST) qui ont donné jour à un nouveau cadre de gestion des risques liés à l’IA. Un décret présidentiel pourrait permettre sa mise en oeuvre globale. Microsoft propose quatre suggestions concrètes dans ce sens, notamment exiger des entreprises une auto-attestation de leur alignement sur les normes de ce cadre, des directives de l'OMB (Office of Management and Budget) exigeant que les agences fédérales achetant des services d'IA pour une utilisation dans des systèmes de décision critiques ne le fassent qu'auprès de fournisseurs ayant fourni cette auto-attestation, la création d'un bureau de programme afin de fournir des conseils continus pour le cadre et promouvoir son adoption dans les agences.Exiger des freins de sécurité efficaces pour les systèmes d’IA qui contrôlent les infrastructures critiques
Ces systèmes à sécurité intégrée feraient partie d’une approche globale de la sécurité des systèmes qui garderait à l’esprit une surveillance humaine efficace, la résilience et la robustesse. De nouvelles lois obligeraient les opérateurs à intégrer des freins de sécurité dans les systèmes d’IA à haut risque dès leur conception et ensuite à les contrôler pour s’assurer que les mesures de sécurité du système sont efficaces. Ceux-ci ne seraient d'ailleurs déployés que dans des centres de données d’IA sous licence.Elaborer un vaste cadre juridique et réglementaire fondé sur l’architecture technologique de l’IA
La loi devra placer diverses responsabilités réglementaires sur différents acteurs en fonction de leur rôle dans la gestion de différents aspects de la technologie de l’IA. Microsoft identifie trois couches de la pile technologiques : la couche applications, la couche modèle et la couche infrastructure. Les protections juridiques existantes au niveau de la couche applications d'IA, la plus susceptible de toucher la sécurité et les droits des personnes devront être appliquées et respectées, les agences et les tribunaux devront être aidés à développer l’expertise nécessaire pour s’adapter aux nouveaux scénarios d’IA. La couche modèle nécessitera de nouvelles réglementations et licences pour ces modèles eux-mêmes et la couche infrastructure impliquera des obligations pour les opérateurs d’infrastructure d’IA sur lesquels ces modèles sont développés et déployés.Promouvoir la transparence et assurer l’accès des universitaires et des organisations à but non lucratif à l’IA.
Pour Brad Smith, à moins que les chercheurs universitaires ne puissent avoir accès à beaucoup plus de ressources informatiques, il existe un risque réel que la recherche scientifique et technologique en souffre, y compris en ce qui concerne l’IA elle-même, il est donc essentiel d’élargir l’accès aux ressources d’IA à la recherche universitaire et la communauté à but non lucratif. Même si la transparence semble incompatible avec le besoin de sécurité, il existe de nombreuses possibilités de rendre les systèmes d’IA plus transparents de manière responsable. De son côté, Microsoft s'engage à publier un rapport annuel sur la transparence de l’IA et à prendre d’autres mesures pour accroître la transparence de ses services d’IA.Poursuivre de nouveaux partenariats public-privé pour utiliser l’IA comme un outil efficace pour relever les défis sociétaux inévitables qui accompagnent les nouvelles technologies
Pour Brad Smith : « L’IA est un outil extraordinaire. Comme d’autres technologies, elle peut aussi devenir une arme puissante, et il y en aura dans le monde qui chercheront à l’utiliser de cette façon. Mais nous devrions prendre courage du cyberfront et de la dernière année et demie de la guerre en Ukraine. Ce que nous avons constaté, c’est que lorsque les secteurs public et privé travaillent ensemble, lorsque des alliés partageant les mêmes idées se réunissent, et lorsque nous développons la technologie et l’utilisons comme bouclier, elle est plus puissante que n’importe quelle épée sur la planète ». Une question se pose tout de même : l'idée d'instaurer des licences gouvernementales ne représente-t-elle pas un risque, ou le meilleur moyen, d'entraver l'arrivée de nouveaux acteurs ?Nos articles remonteront en priorité dans « À la une » de Google.
