IA Santé : L'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), a annoncé le mois dernier le lancement d'une plateforme nationale pour partager les solutions d’intelligence artificielle déployées dans les établissements de santé. Il y est possible de consulter, pour chacune des solutions référencées, son historique, son niveau de maturité, le nombre d’utilisateurs qui en profitent et les facteurs clés de succès identifiés. L'agence invite les établissements de santé à venir y partager leurs projets d'IA.
L’Anap, agence publique d’expertise rattachée au ministère de la Santé, a pour mission de répondre aux besoins des établissements sanitaires et médico-sociaux par des actions (méthodes, outils, évènements, interventions) élaborées avec et pour les professionnels.
Les professionnels de la santé utilisent les solutions d'IA (aide au diagnostic et au choix des traitements, prévision des flux de patients ou encore automatisation des tâches) pour améliorer la prise en charge, l’expérience patient et l’organisation interne des structures.
Pour en accompagner le déploiement, l’Anap lance une plateforme nationale de partage des solutions d’IA qui permet de référencer les projets menés dans les établissements de santé et de partager les informations clés sur leur conception et leur déploiement, afin d’inspirer l’ensemble des acteurs de santé.
Stéphane Pardoux, Directeur Général de l'Anap affirme :
« Cette plateforme est un espace de partage ouvert à tous les professionnels. Notre objectif : donner de la visibilité aux solutions d’intelligence artificielle déployées et capitaliser sur ces expériences ! L’intelligence artificielle est un levier de performance majeur pour les établissements de santé : pour mieux soigner, pour fluidifier la prise en charge et pour regagner du temps utile en automatisant certaines tâches administratives. J’appelle les professionnels à se saisir de notre plateforme, à y partager leurs solutions ou à venir y chercher les informations utiles à leurs projets. »
Faire connaître et faciliter l’accès aux bonnes pratiques en IA
Le site ia.anap.fr référence les projets par catégorie :- Organisation,
- Data management,
- Médecine prédictive,
- Diagnostic,
- Suivi de patient,
- Prise de décision,
- Automatisation des tâches.
SurgAR, Pr. Nicolas Bourdel, CHU de Clermont-Ferrand
L’objectif du projet SurgAR est de permettre d’afficher en réalité augmentée la structure interne des organes pendant le geste chirurgical réalisé par voie mini-invasive (utilisation d'une caméra et de petites incisions). Les organes deviennent ainsi semi-transparents, le chirurgien est véritablement guidé en temps réel. Cette solution associant vision par ordinateur et intelligence artificielle a vocation à être déployée au sein des blocs opératoires quel que soit l'équipement de chirurgie laparoscopique dont ils disposent. Une version en ligne est également disponible afin que les chirurgiens s'entraînent à l’utilisation de l’outil. L'ensemble de l'équipe du projet travaille actuellement à l’obtention du marquage CE. Le professeur Nicolas Bourdel explique :« Au-delà du développement d’initiatives associant recherche fondamentale et clinique qui peuvent aider les professionnels de santé, il est intéressant de voir dans quelle mesure ces projets en matière d’Intelligence Artificielle doivent véritablement s’exporter également en tant qu’entités à part entière (startup / spinoff) en dehors du milieu hospitalier et universitaire dans lesquels ils ont vu le jour. Il y a donc aussi un enjeu économique, et de manière plus générale, un enjeu au niveau de la manière dont l’IA peut créer une collaboration entre les hôpitaux, les laboratoires de recherche public et les structures privées type startups. »
SUOG : Dr Ferdinand Dhombres, AP-HP
Ce projet est né du constat d'un fort besoin d’assistance en échographie de grossesse, lié notamment aux difficultés d’accès aux experts et à la complexité des diagnostics possibles. La solution proposée par SUOG repose sur une intelligence artificielle mixte, combinaison de machine learning (pour la reconnaissance d’images échographiques) et d’algorithmes de raisonnement symbolique fondé sur les ontologies. Les données sources proviennent de 10 centres experts en Europe pour une couverture la plus exhaustive possible des anomalies du développement recensées par Orphanet, le portail des maladies rares. Les perspectives du projet sont aujourd’hui nombreuses. Des essais cliniques à grande échelle sont prévus à partir de 2022, et la commercialisation du projet devrait voir le jour fin 2023. Le Dr Ferdinand Dhombres affirme :« Avec 130 000 cas d'anomalies congénitales et environ 50 000 cas de grossesse extra-utérine par an en Europe, la nécessité d’une assistance efficace lors du dépistage par échographie est devenue critique. L’assistant SUOG répond à la problématique d’accès aux experts échographistes et permet une amélioration des échographies pour une meilleure organisation des soins périnataux. »
