« Nous avons pris modèle sur le Samu et leurs salles de régulation. Lorsque le patient arrive aux urgences d'un établissement, il est pris en charge par un médecin et dans 40% des cas, une imagerie sera réalisée. L'urgentiste formule alors une demande sur le portail de téléradiologie d'IMADIS, demande qui sera ensuite validée chez nous par un radiologue régulateur avant d'établir un protocole de prise en charge. Les images médicales nous parviennent en une à deux minutes. Une petite quinzaine de radiologues répartis sur les cinq centres d'IMADIS vont prendre en charge les différentes demandes. Nous sommes en moyenne sur un temps de prise en charge de 16 minutes, entre le moment où l'image est reçue et celui où le résultat est communiqué. Et pour les AVC, il s'agit de neuf minutes. »Au centre de garde de Lyon créé en 2009, se sont ajoutés celui de Bordeaux en 2018, celui de Marseille en 2020, ceux de Saint Etienne et Rennes en 2021, et en 2022, les centres de Clermont-Ferrand et Dijon accueilleront les équipes médicales d'IMADIS. Au total, 300 médecins radiologues participent aux gardes et 114 radiologues sont associés à l'entreprise. « Ils participent à l'encadrement, à la formation mais aussi au développement de notre pôle scientifique », ajoute le président d'IMADIS. Trois radiologues assurent les gardes en journée tandis qu'une quinzaine assurent la garde de nuit. En effet, les hôpitaux ont plus recours aux services de la société la nuit, les week-ends et les jours fériés.
Téléradiologie et IA : la radiologie augmentée
IMADIS utilise ITIS, plateforme SaaS de gestion des examens de radiologie et téléradiologie pour les urgences 24h/24 ainsi que pour les relectures de radiographies standard, développée par Deeplink Medical. L'entreprise lyonnaise travaille depuis trois ans avec Aidoc, une société israélienne spécialisée en intelligence artificielle, afin d'intégrer des analyses de l'IA dans cette plateforme. Les scanners sont systématiquement analysés par un ou plusieurs algorithmes permettant la détection d'hémorragies intracrâniennes ou d'embolies pulmonaires. D'ailleurs, cinq algorithmes sont opérationnels au quotidien. Vivien Thomson confirme :« Chaque année, nous employons, un, deux voire trois nouveaux algorithmes d'IA. Les radiologues sont en effet très demandeurs. Ils souhaitent intégrer ces outils de terrain à leur diagnostic. L'enjeu majeur étant celui de la détection. »Selon la société, « Une étude d'évaluation interne a montré que l'IA permettait de redresser le diagnostic dans 0,5% des cas pour l'hémorragie intracrânienne et 1% pour l'embolie pulmonaire. Cela peut paraître faible en valeur relative, mais avec près de 800 patients pris en charge tous les jours, le gain pour le patient est important. »
Radiographie standard et IA
Un second partenariat a été signé avec l'entreprise Gleamer, « acteur de la Medtech française », pour l'emploi de la solution BoneView, facilitant la détection des fractures sur les radiographies standards, qui permettrait selon une étude publiée dans la revue Radiology de réduire 30% les fractures manquées. IMADIS utilise cette solution pour une activité de relecture de radiographie d’urgence. La confrontation de la prise en charge du patient par l’urgentiste et de la relecture par un radiologue spécialisé permet de détecter des discordances et de redresser des erreurs. IMADIS est actuellement en phase d’évaluation comparative de 3 logiciels d’IA pour la détection de fractures.Intégration de l’IA dans la plateforme ITIS
L’utilisation optimale des outils d’IA ne peut se faire qu’en étant très fortement intégrée dans le workflow. Un travail de développement conjoint entre Deeplink Medical et AIDOC a permis une intégration des analyses de l’IA dans ITIS conduisant à un réel gain de temps et d’efficience.Recruter, un impératif pour la société en pleine croissance
IMADIS, en pleine expansion, recrute de nouveaux radiologues pour poursuivre ses partenariats et en créer de nouveaux. Vivien Thomson assure:« Pour recruter les radiologues, nous misons sur ce qui les motive le plus : le travail d'équipe, les conditions de travail que nous souhaitons les meilleures possibles. Et bien sûr la rémunération : nous les payons environ le double de la rémunération classique d'une garde à l'hôpital. »
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