IA et Agriculture : retour sur Bilberry, lauréat du Trophée CAP’TRONIC Jeune Entreprise

IA et Agriculture : retour sur Bilberry, lauréat du Trophée CAP’TRONIC Jeune Entreprise
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Lauréat du Trophée CAP’TRONIC 2018, Bilberry développe une solution basée sur l’intelligence artificielle pour développer des systèmes agricoles intelligents destinés à aider les agriculteurs et être bénéfiques à l’environnement.

Créée en 2016 par trois jeunes ingénieurs, la start-up Bilberry a développé un système basé sur des algorithmes de deep learning, permettant de réduire l’utilisation d’herbicides sur les terrains agricoles. Grâce à des caméras embarquées directement sur le matériel de désherbage et d’un ordinateur de bord, la solution de Bilberry scanne le terrain, identifie en temps réel les mauvaises herbes, et contrôle automatiquement la pulvérisation. Ainsi, les désherbants ne sont pulvérisés que là où c’est nécessaire. Ce dispositif permet en moyenne aux exploitants de réaliser 80% d’économie, tant sur les quantités d’herbicides utilisés que sur les coûts associés. Au delà de la simple économie, l’utilisation extrêmement ciblée des herbicides réduit naturellement l’impact environnemental dû à la pollution des sols. En deux ans, la jeune start-up a connu une forte croissance et se développe à l’international, notamment en Australie.

L’IA au service d’une agriculture plus responsable

En 2014 que Guillaume Jourdain, Hugo Serrat et Jules Bequerie, tout juste sortis d’école d’ingénieur, ont eu l’idée de développer une solution à base d’intelligence artificielle appliquée au secteur agricole. Après un an de recherches, d’études sur le terrain et de rencontres avec des exploitants et des coopératives, il est apparu que le traitement des mauvaises herbes constituait un problème majeur, tant en termes de coûts que d’impact écologique.

Les trois ingénieurs ont alors décidé de se concentrer sur un système permettant de localiser la pulvérisation des herbicides uniquement sur les mauvaises herbes. La start-up Bilberry a été créée et a déposé ses premiers brevets dès 2017.

« Notre solution permet de REDUIRE LES HERBICIDES DE 80% EN MOYENNE, explique Guillaume Jourdain. Par exemple, une pulvérisation initiale de 100 litres d’herbicides par hectare, peut être réduite à 20 litres par hectare. Sur de grandes surfaces agricoles, on peut rapidement réaliser des économies de dizaines de milliers de litres de glyphosate, et de millions de litres d’eau. »

Une croissance rapide, notamment à l’international

Depuis sa création en 2016, Bilberry a dépassé le million d’euros de chiffre d’affaires, a multiplié ses effectifs par six et a déposé cinq brevets européens. Présent en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Bulgarie, la start-up a commencé l’année dernière à commercialiser sa solution en Australie, où elle est à l’œuvre en ce moment-même pour le désherbage d’été.

Depuis décembre 2018, près de 7 000 hectares de terrains ont d’ores et déjà été scannés en Australie. D’ici la fin de la saison de désherbage, au mois de mars prochain, plus de 20 000 hectares devraient avoir été couverts. À l’heure actuelle, les économies réalisées par les clients australiens sont de l’ordre de 90%.

« Notre objectif aujourd’hui, en termes de surfaces, se situe entre 5 000 et 30 000 hectares scannés sur deux mois, précise Guillaume Jourdain. Plus les surfaces sont grandes, plus la solution s’avère rentable pour l’exploitant. »

La startup a récemment reçu une subvention de 500 000 euros de la région Ile-de-France pour continuer à développer ses produits qui sont conçus à 100% en interne.

Bilberry récompensée par le Trophée CAP’TRONIC Jeune Entreprise

Fin 2018, Bilberry s’est vue décerner le Trophée CAP’TRONIC dans la catégorie Jeune Entreprise, lors de la journée « Cap sur l’Innovation ». Cette récompense et l’accompagnement offert par CAP’TRONIC ont permis à Bilberry, au moment de la création de l’entreprise, de finaliser son cahier des charges et de réaliser une étude technico-économique de son système. Cet accompagnement avait permis de créer les premières architectures systèmes.

Pour en savoir plus sur l’impact de l’IA sur l’agriculture, nous vous invitons à lire notre dossier complet.