Preligens, pionnier français de l’IA appliquée aux données géospatiales, passe sous le giron du groupe Safran

On savait depuis début 2024 que la scale-up française Preligens, l’un des leaders de l’IA appliquée aux données géospatiales, au service de la défense et du renseignement, était à la recherche d’un repreneur. Selon le journal La Tribune, Safran, avec 220 millions d’euros, aurait fait la meilleure offre. 

Fondée en 2016 par Arnaud Guérin et Renaud Allioux sous le nom d’Earthcube, Preligens, fournit des solutions qui, via des algorithmes d’IA, automatisent le traitement d’images satellites que les analystes du renseignement exploitent. Elle compte aujourd’hui 220 employés, en majorité des scientifiques qui forment la plus grande équipe d’IA sur imagerie satellite du monde occidental, s’étant séparée de 30 collaborateurs lors d’un PSE, lancé l’an passé.

Elle a ouvert des filiales au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Allemagne, en Belgique et à Singapour et, en 2022, créé à Rennes CEDIA, le premier centre dédié à l’IA géospatiale souveraine en France, dont Vincent Cornillet a pris la direction en avril dernier, tout juste un an après que Jean-Yves Courtois ait été nommé président de Preligens.

L’entreprise qui travaille avec le Ministère des Armées depuis ses débuts a connu une croissance très rapide, remportant plusieurs marchés via l’accord-cadre OURANOS. En octobre 2022, elle s’est vu notifier par la Direction Générale de l’Armement (DGA) le  contrat TORNADE (Traitement Optique et Radar par Neurones Artificiels via Détecteurs), d’un montant  d’environ 240 millions d’euros sur sept ans.

La recherche de repreneurs

Malgré ses contrats avec l’armée française, un contrat-cadre avec le centre de commandement de l’OTAN et des clients parmi les services de renseignement du Japon, Preligens est en butte à des difficultés financières. En 2023, elle a ainsi essuyé des pertes de l’ordre de 4 millions d’euros. Bien que Jean-Yves Courtois assure qu’elle sera rentable dès cette année, le fonds d’amorçage 360 Capital et ses cofondateurs ont décidé de revendre leurs parts et la scale-up est partie à la recherche d’un repreneur. Celui-ci devait être obligatoirement un industriel européen, vu le caractère ultra-sensible de ses technologies.

Trois repreneurs étaient en lice : Safran, le groupe suédois Hexagon AB et l’italien Telespazio, coentreprise franco-italienne de l’industrie spatiale détenue par Thales et Leonardo.

Selon le journal La Tribune, ce serait finalement l’offre de 220 millions d’euros du groupe Safran qui a été retenue alors que certains l’estimaient aux environs de 350 millions d’euros. Preligens irait renforcer les activités de l’une de ses entités, Safran Electronics & Defense, un leader mondial en optronique, avionique, électronique et logiciels critiques pour les marchés civils et de défense, qui travaille lui aussi pour la DGA, notamment dans le cadre du Programme FURIOUS (FUturs systèmes Robotiques Innovants en tant qu’OUtilS au profit du combattant embarqué et débarqué).

Pour l’instant, ni Safran ni Preligens n’ont confirmé l’acquisition.

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