Yann Le Cun sur France Inter: « Ce qui manque aux machines [pour dépasser l’homme], c’est l’intelligence générale »

Ce matin France Inter a reçu Yann Le Cun, directeur du FAIR, pour une interview avec Ali Baddou. Car si l’intelligence artificielle n’est pas un domaine récent, elle suscite beaucoup de fantasmes et de craintes. C’est pourquoi elle nécessite plus que jamais d’être expliquée au grand public.

Le deep learning, une révolution dans le domaine de l’IA

L’intelligence artificielle a une longue histoire que nous avons déjà évoquée sur Actu IA. “Le concept existe depuis les années 50, mais on en entend parler depuis 5-6  ans, avec une petite révolution technologique”. Comme l’indique Yann Le Cun, la puissance des ordinateurs ou encore à la disponibilité des bases de données ont permis à l’intelligence artificielle de se développer considérablement.

L’arrivée du deep learning a ouvert la voie à une façon différente de concevoir la programmation des machines. Désormais elles ne sont plus programmées directement mais entraînées grâce à des réseaux de neurones artificielles. Composés de plusieurs couches, ces derniers “simulent la manière dont fonctionne le cerveau, comme un avion simule un oiseau”.

Des machines qui n’ont pas d’intelligence générale

Aujourd’hui, on apprend donc à la machine à apprendre. Pour ce faire, on lui fournit d’importantes bases de données et on ajuste ses paramètres et ses coefficients en fonction des résultats obtenus.

Yann Le Cun revient également sur sa phrase prononcée plus tôt cette année selon laquelle les robots seraient beaucoup plus stupides que des rats. Il explique que dans certains domaines la machine peut avoir des compétences supérieures à celles des humains, comme dans la reconnaissance d’images par exemple, mais ce ne sont pas des systèmes qui ont ce qu’il appelle “de l’intelligence générale”.

Ils n’ont en effet pas la capacité d’apprendre par observation à la différence des humains. Il y a beaucoup d’études à ce sujet mais pour l’instant, les machines sont entraînées pour une tâche particulière et n’ont pas d’intelligence générale. Cela n’empêche pas de pouvoir prédire des avancées considérables concernant les applications d’IA à venir.

Si pour Yann Le Cun, “les prévisions sont toujours sur-estimées à court terme et sous-estimées à long terme”, il semble évident étant donné le développement de la technologique que l’automobile ou encore la médecine, entre autres, connaîtront de grands bouleversements d’ici 20 ans. La première avec l’arrivée des voitures autonomes et la seconde grâce à des outils de diagnostic ou d’analyse permettant une plus grande fiabilité.