"Au Xinjiang et dans toute la Chine, des millions de personnes subissent des violations scandaleuses des droits de l’homme : de la surveillance de masse et de la police disciplinaire à la torture de masse, y compris l’isolement en cellule et les stérilisations forcées, en passant par l’intimidation des journalistes et des militants qui ont osé exposer la vérité. L’exploitation du travail forcé par le gouvernement chinois traverse les océans jusqu’à nos côtes et dans le monde entier."
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En 2019, lorsque le département du Commerce a annoncé la mise sur liste noire de SenseTime, le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross avait justifié cette décision en indiquant :
La Chambre des représentants américaine a adopté, mercredi 8 décembre, un texte de loi restreignant les importations de produits fabriqués au Xinjiang pour condamner le "travail forcé" de la minorité musulmane ouïghoure dans cette région du nord-ouest de la Chine, sur fond d’escalade des tensions entre Washington et Pékin. La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi a souligné:"Le gouvernement américain et le département du Commerce ne peuvent pas tolérer et ne toléreront pas la suppression brutale des minorités ethniques à travers la Chine".
Vendredi dernier, le Trésor américain mettait ainsi SenseTime sur sa liste noire pour sa technologie de reconnaissance faciale visant la minorité ouïghoure. Cette entreprise chinoise a, selon le Trésor, "mis en avant sa capacité à identifier les Ouïghours portant une barbe, des lunettes de soleil et un masque" pour servir la surveillance policière au Xinjiang, pratique que nous avions évoquée dans un récent article.
En conséquence, SenseTime a préféré annoncer le report de son introduction à la Bourse de Hong Kong, "afin de préserver les intérêts des investisseurs potentiels". L'entreprise chinoise affirme cependant rester "déterminée" à être prochainement cotée et s'est engagée à rembourser intégralement ceux qui ont déjà investi. Se disant "prise au milieu de tensions géopolitiques", la société récuse cette décision :
"Nous nous opposons fermement à cette inscription et aux accusations dont nous sommes l'objet. Ces accusations sont infondées et reflètent une perception fondamentalement erronée de notre entreprise."
