Intelligence artificielle Volte-face de SenseTime, spécialiste chinois de la reconnaissance faciale sur liste noire

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Volte-face de SenseTime, spécialiste chinois de la reconnaissance faciale sur liste noire

En fin de semaine dernière, le Trésor américain a annoncé avoir de nouveau placé SenseTime sur sa liste noire du fait de sa technologie de reconnaissance faciale visant la minorité ouïghoure. Pour rappel, en 2019, cette société chinoise de premier ordre avait déjà été sanctionnée pour avoir sa proximité avec la répression contre les Ouïghours. L’entreprise, spécialiste de vidéosurveillance et d’intelligence artificielle, vient d’annoncer le report de son introduction à la Bourse de Hong Kong pour un montant de 767 millions de dollars (679 millions d’euros).

Les relations sino-américaines s’avèrent complexes depuis plusieurs années. En ce mois de décembre les tensions sont désormais concentrées autour de la société SenseTime qui a dû reporter son introduction en Bourse. L’entreprise et sa technologie sont pointées du doigt du fait de leur utilisation par le gouvernement chinois sur la population ouïghoure. L’internement massif des Ouïghours (minorité musulmane chinoise turcophone) est dénoncé depuis plusieurs années par des ONG indiquant que près d’un million d’entre eux seraient incarcérés dans des camps au Xinjiang.

SenseTime
SenseTime

En 2019, lorsque le département du Commerce a annoncé la mise sur liste noire de SenseTime, le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross avait justifié cette décision en indiquant :

“Le gouvernement américain et le département du Commerce ne peuvent pas tolérer et ne toléreront pas la suppression brutale des minorités ethniques à travers la Chine”.

La Chambre des représentants américaine a adopté, mercredi 8 décembre, un texte de loi restreignant les importations de produits fabriqués au Xinjiang pour condamner le “travail forcé” de la minorité musulmane ouïghoure dans cette région du nord-ouest de la Chine, sur fond d’escalade des tensions entre Washington et Pékin.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi a souligné:

“Au Xinjiang et dans toute la Chine, des millions de personnes subissent des violations scandaleuses des droits de l’homme : de la surveillance de masse et de la police disciplinaire à la torture de masse, y compris l’isolement en cellule et les stérilisations forcées, en passant par l’intimidation des journalistes et des militants qui ont osé exposer la vérité. L’exploitation du travail forcé par le gouvernement chinois traverse les océans jusqu’à nos côtes et dans le monde entier.”

Vendredi dernier, le Trésor américain mettait ainsi SenseTime sur sa liste noire pour sa technologie de reconnaissance faciale visant la minorité ouïghoure. Cette entreprise chinoise a, selon le Trésor, “mis en avant sa capacité à identifier les Ouïghours portant une barbe, des lunettes de soleil et un masque” pour servir la surveillance policière au Xinjiang, pratique que nous avions évoquée dans un récent article.

En conséquence, SenseTime a préféré annoncer le report de son introduction à la Bourse de Hong Kong, “afin de préserver les intérêts des investisseurs potentiels”. L’entreprise chinoise affirme cependant rester “déterminée” à être prochainement cotée et s’est engagée à rembourser intégralement ceux qui ont déjà investi. Se disant “prise au milieu de tensions géopolitiques”, la société récuse cette décision :

“Nous nous opposons fermement à cette inscription et aux accusations dont nous sommes l’objet. Ces accusations sont infondées et reflètent une perception fondamentalement erronée de notre entreprise.”


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Thierry Maubant

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