Google I/O : annonce de la technologie d’intelligence artificielle MUM, plus puissante que BERT

Cette édition 2021 de Google I/O qui se déroule en streaming du 18 au 20 mai est, comme nous pouvions nous y attendre, l’occasion d’une multitude d’annonces intéressantes en matière d’intelligence artificielle. Sur le plan du hardware, nous évoquions précédemment une nouvelle version des TPU. Une seconde annonce pourrait avoir d’importantes répercussions : celle de Multitask Unified Model (MUM). MUM est un modèle de traitement automatique du langage poussant l’analyse encore plus loin que BERT.

Un modèle d’intelligence artificielle pour traiter plus efficacement certaines requêtes

MUM a pour objectif d’aider l’usager à réaliser des tâches complexes. Quatrième du genre développé par Google après Hummingbird, Rankbrain et BERT, le modèle repose tout comme BERT (Bidirectional Encoder Representations from Transformers) sur une architecture Transformer (une technologie de traitement automatique du langage à suivre de près, présentée par le comité scientifique ActuIA dans le magazine ActuIA N°3  et évoquée par Cordelia Schmid dans le magazine ActuIA N°4).

MUM serait 1000 fois plus performant que BERT.

Formé dans 75 langues et à la réalisation de nombreuses tâches à la fois, il a été élaboré pour comprendre beaucoup plus d’informations que les précédents modèles du genre. Google espère qu’avec ce nouveau modèle, moins de recherches seront nécessaires à l’avenir pour résoudre des problèmes complexes.

Une technologie multimodale

MUM est multimodal, ce qui signifie qu’il peut comprendre simultanément des informations provenant de différents formats : pages web, texte, image, photos, vidéos, etc. Ci-dessous, on retrouve un exemple d’utilisation de MUM. Une question est posée par l’utilisateur : “Puis-je utiliser ces chaussures pour faire de la randonnée sur le mont Fuji”. La personne rajoute également la photo des chaussures en question. MUM analyse l’image et la met en relation avec la question pour y répondre et vous rediriger vers un site adéquat si les bottes ne conviennent pas ou vous indiquer que vos chaussures sont tout à fait adaptées en vous proposant un article qui en explicite les raisons.

MUM technologie intelligence artificielle multitâches utilisation plusieurs supports réponse question redirection solution

De plus, imaginons que l’utilisateur n’est pas japonais, mais français. Si la personne avait réalisé une recherche avec le moteur de recherche Google, elle ne serait probablement jamais tombée sur du contenu japonais qui, pourtant, pourrait être intéressant. MUM aura la capacité de chercher des informations dans toutes les langues et de proposer à l’usager les meilleurs résultats que l’on puisse trouver dans le cadre d’une recherche en japonais par exemple.

Des projets pilotes internes ont été lancés avec MUM et la firme s’est montrée satisfaite des résultats et des potentiels bienfaits que l’outil apporte à l’ensemble des produits de sa gamme. Google a appliqué l’ensemble de ses dernières recherches pour élaborer MUM tout en respectant l’optique de réduire son empreinte carbone. La marque affirme que :

“MUM est une étape importante vers un avenir où Google pourra comprendre l’ensemble des façons exploitées par les gens pour communiquer et interpréter naturellement des informations.”

La nature du moteur de recherche de Google continue d’évoluer

Google était historiquement un simple moteur de recherche, constitué d’un formulaire web et d’une base de données de pages internet préalablement indexées. Son rôle était de nous proposer de visiter les sites les plus pertinents.

L’amélioration de sa compréhension du langage a permis de mieux cibler le contenu pertinent en interprétant l’intention de l’utilisateur, mais surtout d’extraire des portions de contenu de pages internet pour les afficher dans la page de résultats, transformant ainsi progressivement le moteur de recherche en assistant. L’intérêt est double : augmenter la satisfaction des utilisateurs, et les rendre de plus en plus captifs. Cette évolution n’est pas sans interroger de plus en plus d’éditeurs de sites internet, dont certains s’estiment réduits à l’état de source de connaissances pour le moteur. Ces éditeurs pourraient bien sûr refuser l’indexation de leurs contenus sur Google, mais se savent dépendants du moteur. Il sera très intéressant d’observer l’évolution de la situation à moyen et long terme. Les principaux freins à cette tendance pourraient ne pas être d’ordre technique.