L’intelligence artificielle est le futur de la comptabilité !

    L’intelligence artificielle est le futur de la comptabilité !
    Actu IA
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    En Grande Bretagne l’an passé, le rapport “Future of Accountancy” produit par FreeAgent soulignait que 96% des comptables pensaient que leur travail sera partiellement ou totalement automatisé à l’horizon 2022.

    Même s’il est probable que cette transformation ne prenne un peu plus de temps, les solutions d’intelligence artificielle vont fortement impacter la profession comptable.

    Il est d’ores et déjà acquis que l’IA et le NLP vont transformer la manière d’interagir avec les données financières. L’IA permet de décharger les comptables de tâches répétitives et/ou fastidieuses (mais sans réelle valeur ajoutée) et d’améliorer fortement l’efficacité des processus financiers.

    L’automatisation existe depuis de nombreuses années déjà et le levier de l’intelligence artificielle va permettre de franchir un nouveau cap.

    Les algorithmes sont de plus en plus fiables et adaptables. Ils peuvent gérer automatiquement des documents ayant des structures différentes (comme les factures). De plus, l’émergence du cloud a eu pour conséquence de démultiplier le volume des données d’apprentissage et donc d’améliorer rapidement l’efficacité des solutions d’IA.

    L’IA peut concrètement, aujourd’hui :

    • identifier des fournisseurs
    • répondre automatiquement aux interrogations les plus simples
    • classer, aiguiller et transmettre les factures
    • identifier les délais de paiement et les suivre
    • alimenter le workflow de validation
    • aider à détecter les fraudes
    • aider à gérer le cash
    • liste non limitative…..

    De nombreuses start-up travaillent depuis quelques années sur ces sujets. On peut citer le cas de smacc GmbH, exploitant les technologies de Machine Learning, qui propose une automatisation de certains processus comptables, incluant l’extraction des données, leur affectation, la vérification et l’entrée en comptabilité. Le tout, par API. On peut également citer Fluidly pour les cash flow (prévision et gestion), par exemple.

    La comptabilité fournisseurs/clients est simplifiée. Les tâches répétitives de saisie, de vérification ou d’affectation sont opérées par la machine et permettent au comptable de se concentrer sur des tâches complexes, à plus forte valeur ajoutée. Le travail de revue, d’analyse et de contrôle du CAC sera également partiellement automatisé.

    L’IA va aussi contribuer à la création d’une “nouvelle valeur”, car l’IA peut proposer des prédictions (aussi bien du côté des revenus et des charges) et la génération automatisée de contenus. Reste à imaginer cette nouvelle valeur et à la développer. Les services financiers de l’entreprise, au premier rang desquels le contrôle de gestion, devraient fortement bénéficier de ces outils.

    L’implémentation de l’IA n’en reste pas moins un challenge car elle implique une chaîne de compétences étendue :

    • de la donnée aux processus,
    • des risques à la conformité juridique,
    • des besoins d’information au format de restitution (vocal, pdf, flux informatisé).

    Les projets IA doivent donc être menées en cluster intégrant ces compétences aux côtés des informaticiens et des designers.

    Les Big Four intègrent de plus en plus d’intelligence artificielle dans leur processus. PwC a, par exemple, entraîné une IA (GL.ai) pour identifier les erreurs potentielles ou les fraudes. Cette technologie a d’ailleurs permis à PwC de gagner le prix “Audit Innovation of the Year” décerné par l’International Accounting Bulletin en 2017.

    Les petits cabinets d’expertise comptable ont, de part leur taille, de nombreux atouts pour intégrer des solutions d’IA : flexibilité, agilité et capacité de s’adapter rapidement aux évolutions règlementaires et technologiques.

    À l’heure du vote de la Loi Pacte, et de la rupture de modèle économique qu’elle implique pour les Professions du Chiffre, les cabinets indépendants d’expertise comptable et de commissariat aux comptes ont urgence à se réinventer.

    Ils ont les atouts pour réussir :

    • une grande proximité avec leurs clients (le marché),
    • une position de tiers de confiance qui leur permet de disposer d’un grand nombre de données sur les entreprises (les datas),
    • un poid économique certain, permettant de peser sur les fournisseurs de solutions technologiques (et ne pas de laisser imposer des solutions qu’ils n’ont pas imaginé),
    • des organisations professionnelles qui peuvent mutualiser les efforts de modernisation de la profession.

    Les cabinets indépendants constituent, à mon sens, un ensemble que l’on doit considérer comme un “système multi-agents coopératifs”. Leur challenge est certainement aujourd’hui de s’organiser pour construire l’avenir et rivaliser avec les Big Four sur le terrain de l’IA.

    Une fourmi ne peut lutter seule contre un géant, une fourmilière le peux !

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