Intelligence artificielle Village francophone à l’occasion de Vivatech : six questions à Isabelle Galy

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Village francophone à l’occasion de Vivatech : six questions à Isabelle Galy

La cinquième édition du salon VivaTechnology se déroulera du 16 au 19 juin prochain en ligne, avec une journée grand public le 18 juin. On y retrouvera également le Village Francophone. Cette plateforme permet aux entreprises francophones une mise en avant de leurs solutions tech et notamment d’IA. Plusieurs thématiques y seront abordées avec des pitchs autour des innovations, des tables rondes et un concours de start-ups. C’est dans ce cadre que le Collectif sectoriel IA du ClusterIA va intervenir.

ClusterIA est une association centrale à l’écosystème azuréen qui s’est créée au cours du mois d’avril 2018, quelques semaines avant la création du 3IA Côte d’Azur. À l’heure actuelle, elle regroupe 70 pure players de la Côte d’Azur qui participent régulièrement à des meet-up qui réunissent chercheurs, start-ups et grands groupes pour échanger autour des technologies IA et qui travaillent autour de Uses Cases, etc. Isabelle Galy, responsable du collectif sectoriel IA du Village Francophone et coordinatrice du ClusterIA, a accepté de répondre à six questions pour mieux comprendre les objectifs du Collectif sectoriel IA du Village Francophone.

Actu IA : Pouvez-vous nous expliquer les objectifs du Collectif sectoriel IA et du Village Francophone ?

Isabelle Galy : Le Village Francophone est un collectif multisectoriel autour des technologies innovantes qui a pour ambition de réunir l’ensemble des territoires francophones. Il s’est structuré grâce à une approche territoriale tout en prenant en compte un point de vue technologique. Il a pour ambition non seulement de se rendre à ces grands salons de la Tech (CES Vegas, Hannover Messe, Web Summit), mais aussi de participer à des événements plus spécifiques, comme le SophiA Summit, le World AI Cannes Festival, Nantes Digital Week, le Forum européen d’intelligence artificielle territoriale, le Forum International de l’IA de Marseille ou encore le World Artificial Intelligence Conference à Shanghai. Cela permet aux différents territoires francophones d’échanger, de promouvoir ensemble, de créer des événements…

La Wallonie et le Québec sont par exemple déjà très investis dans ce collectif. Mais même en France, le besoin se faisait ressentir. On a bien des initiatives 3IA avec quatre 3IA à Paris, Grenoble, Toulouse et sur la Côte d’Azur, mais cela ne représente pas l’ensemble de l’écosystème de l’IA français. Donc l’idée, c’est déjà de mieux se connaître, de tisser des liens et d’additionner nos forces en matière d’IA. L’ensemble de la francophonie est la bienvenue dans cette initiative : la Belgique, le Luxembourg, le Québec, les pays africains et asiatiques francophones ou francophiles… Tous sont intéressés par l’intelligence artificielle, sont conscients des enjeux d’une IA francophone et n’ont pas envie de manquer le gap technologique.

Actu IA : Quels sont les événements à ne pas manquer le 16 juin prochain ? À quoi peut-on s’attendre le 16 juin prochain ?

Isabelle Galy : Vivatech est un salon multi-technologies plutôt orienté start-up/business/grands groupes. L’événement se veut la réponse aux grands salons technologiques américains. Il s’agit donc d’un événement français important dans le monde de la tech. C’est la raison pour laquelle, le Collectif IA sera lancé à ce moment-là, au sein du village Francophone.

L’événement se fera à partir du studio connecté de la Tour Zamansky sur le campus Jussieu de la Sorbonne et des différents studios connectés sur les territoires.
Pour l’occasion, nous avons réuni une dizaine de territoires qui ne sont pas forcément dans la zone d’influence des 3IA : la Wallonie, le Québec, Nantes, la Nouvelle Aquitaine, l’Occitanie, le Grand Est, le Nord, Paris, Aix-Marseille pour la Provence, Monaco et la Côte d’Azur. Une table ronde que tout le monde peut suivre en ligne sera organisée avec l’ensemble de ces acteurs.

Cette rencontre permettra de découvrir ces territoires d’excellence et leurs thématiques majeures en intelligence artificielle. Il y aura également une quinzaine de solutions IA de start-ups provenant de ces territoires qui seront présentées lors d’une session de pitch organisée en ligne par le Village Francophone. À noter qu’une trentaine de start-ups ont candidaté. Les quinze jeunes pousses qui semblaient être les plus représentatives de l’élan de l’IA dans les territoires francophones ont été retenues et les trois meilleures solutions seront distinguées.

ActuIA : Quel accueil a reçu l’événement auprès des territoires francophones ? De quelle manière l’IA y est représentée ?

Isabelle Galy : Le collectif a été extrêmement bien accueilli. Je m’attendais à ce que sa constitution soit beaucoup plus complexe, qu’il soit difficile de trouver un contact, une personne qui s’engage dans le projet, de trouver un jury pour le concours, de trouver des start-ups en lien avec cet écosystème. D’autant que le village francophone n’est pas encore très connu, mais finalement, tout le monde a été enthousiaste et cela s’est très bien déroulé.

Cela est dû au fait qu’il y a un réel manque de coordination entre les écosystèmes. Le fait d’avoir un objectif commun a facilité l’initiative, en l’occurrence, de mieux faire connaître la Tech francophone auprès des acteurs internationaux et francophones, d’arriver “en force” dans des salons essentiellement dominés par des Américains. Mais aussi d’éviter que le potentiel marché francophone aille s’intéresser aux solutions étrangères alors que les territoires francophones peuvent faire tout aussi bien.

Si une entreprise réalise un appel d’offres et qu’elle n’a pas une bonne connaissance de l’écosystème francophone, elle va facilement se laisser convaincre par les grands acteurs de la technologie comme les GAFAM. Un exemple est celui de l’éducation nationale où Microsoft est bien positionné alors que des start-ups issues de notre collectif technologique Edtech pourraient totalement faire l’affaire. La double ambition est donc de les faire connaître, mais aussi de permettre aux acheteurs de se rendre compte des possibilités existantes dans l’écosystème francophone.

ActuIA : Est-ce que vous pensez que le développement régional en matière d’IA est le fruit de la création des 3IA ?

Isabelle Galy : Je pense qu’en France, le développement de l’IA se fait bien au-delà des frontières des 3IA. Même s’ il est évident que là où il y a un 3IA, il y a une vraie dynamique sur l’écosystème environnant. En effet, ceux-ci jouent un rôle central dans la construction des dispositifs de recherche et de formation nécessaires au développement de l’IA et s’efforcent de les mettre à disposition des start-ups. Toutefois, les initiatives, les événements, les diplômes labellisés par un 3IA sont très centrés sur le bassin autour de l’institut en question.

Ailleurs, ce qui irrigue les territoires qui n’ont pas de 3IA, ce sont des initiatives indépendantes. Ces territoires se sont débrouillés autrement. Souvent en détournant d’anciennes structures dédiées au numérique. De ce fait, il est difficile d’avoir une bonne connaissance des différents écosystèmes. Ainsi en tissant des liens indépendamment de ce dispositif,on va inclure plus largement toutes les initiatives autour de l’IA et c’est le sens de ce collectif que nous lançons.

ActuIA : Avez-vous essayé de trouver un équilibre sur le nombre de start-ups par territoire ou sur les domaines de la tech qui sont représentés dans le collectif ?

Isabelle Galy : Pour les start-ups, l’idée était d’équilibrer le nombre selon les régions pour montrer toute la richesse de ces différents écosystèmes. Toutefois, les critères de sélection principaux restent la maturité technologique de la solution proposée par la start-up, le fait que l’IA soit le cœur de métier de la start-up, et si la solution est délivrable sur un marché. On a donc cherché à garder des start-ups de tous les territoires.

À noter que tous les territoires ont été à même de proposer un nombre important de start-ups même si l’Île-de-France ou encore le Québec constituent des écosystèmes plus riches à ce stade. Pour prendre l’exemple du Québec, il y a des start-ups que nous allons devoir écarter malgré le fait qu’elles soient très intéressantes. Mais cela va nous permettre d’avoir un vivier pour d’autres événements et les start-ups non retenues seront contactées à chaque occasion.

ActuIA : Après le 16 juin, quels seront les objectifs du collectif ?

Isabelle Galy : L’objectif après l’événement sera de solliciter encore plus de territoires francophones, tous ceux qui ne font pas encore partie du collectif. Il sera également intéressant pour nous d’identifier quelques salons où l’on pourra amener un maximum de monde. Et évidemment de promouvoir aussi les salons de chacun des territoires représentés dans le collectif, certes moins connus, mais plus sectoriels. L’objectif final est que tous ensemble, nous soyons suffisamment forts pour lutter contre une domination anglophone de l’IA.


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Johanna Diaz

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