Intelligence artificielle Retour sur le premier bilan des 3IA sur la recherche, la formation...

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Retour sur le premier bilan des 3IA sur la recherche, la formation et le développement économique

Le 29 mars 2018, lors de la journée “AI for Humanity”, Emmanuel Macron annonçait la “Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle”, inspirée du rapport de Cedric Villani qui appelait “au réveil de la France et de l’Europe” en matière d’IA. Pour que la France ait un rôle de leader mondial de l’IA, ce rapport préconisait la création d’un réseau d’Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle. Quatre trois 3IA ont été finalement sélectionné et financés via un plan d’1,5 milliard d’euros.

La création en France d’un réseau d’Instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle avait trois objectifs interdépendants :

  • “La (re)constitution d’environnements de recherche attractifs et prestigieux, capables d’avancées significatives à l’échelle mondiale, regroupés sous un label unique, visible et reconnu ;
  • La diffusion d’une formation scientifique de haut niveau en IA, pour les chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs de demain ;
  • La fluidification des interfaces, entre disciplines et entre la recherche académique et le monde industriel, favorisant la transformation rapide des idées en preuves de concept (POC), en applications scientifiques, en avancées technologiques et en propriété intellectuelle, à même de créer le tissu de startups et de PME dont dépend l’industrie de demain“.

À la suite d’un AMI lancé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) en juillet 2018, le jury a sélectionné quatre projets d’instituts 3IA des sites de Grenoble, Nice, Paris et Toulouse et demandé leur labellisation.

Ces quatre pôles de recherche en IA ont chacun leurs spécificités :

  • MIAI Grenoble Alpes : IA pour l’humain et l’environnement
  • 3IA Côte d’Azur : IA pour la santé et le développement des territoires
  • PrAIrie : IA pour la santé, les transports et l’environnement
  • ANITI : IA pour la mobilité, les transports et l’industrie du futur

Des spécificités qui ne les empêchent pas de fonctionner en réseau et de créer d’excellentes conditions de collaboration entre public et privé, recherche académique et acteurs de l’innovation de toutes tailles.

Bilan des actions des 3IA

Dès leur création, les quatre 3IA ont eu pour projet une collaboration entre recherche académique et entreprises qui leur fait jouer un rôle économique dans leurs écosystèmes
D’autre part, les 3IA ont recruté des chercheurs étrangers au brillant palmarès, développé des collaborations internationales et ont chacun accueilli de jeunes chercheurs.

Côté formation, l’objectif est de doubler le nombre de personnes formées à l’IA d’ici 4ans par le biais de formations à tous les niveaux et pour tous y compris en formation continue:

  • Introduction de modules d’IA dans les formations existantes,
  • Augmentation du nombre d’étudiants,
  • Ouverture de nouvelles formations sur les niveaux bac+3, bac+5 et bac+8,
  • Mise en place de modules de formation transverses en IA à l’interface avec les autres disciplines,
  • Développement de la formation continue afin de répondre aux enjeux de court terme
    exprimés par les filières professionnelles, etc.

La cartographie de l’offre a ainsi notablement évolué en deux ans, augmentant de façon significative la lisibilité et l’attractivité des formations en IA sur les sites des 3IA. Le souci de l’impact sur la chaîne de valeur est omniprésent dans les activités des 3IA. L’éthique, l’impact de l’IA sur la société, la diversité des équipes, la diffusion de la culture scientifique de l’IA sont autant de sujets primordiaux au sein des 3IA.

Faire de la France un pays leader en IA

Les 3IA s’organisent en réseau et mènent des actions communes pour faire de la France un leader de l’IA reconnu mondialement. Quelques exemples illustrent cette ambition :

  • Parmi les tout premiers événements communs, ROB@3IA, workshop sur la robotique
    organisé par ANITI (LAAS-CNRS) et PRAIRIE s’est déroulé à Toulouse les 24 et 25
    octobre 2019.
  • AI4HEALTH Winter School, organisée du 4 au 8 janvier 2021 en collaboration entre le Health Data Hub’, les 3IA MIAI Grenoble Alpes, 3IA Côte d’Azur et PrAIrie, ainsi
    que l’AIM, l’Université de Paris et l’Institut du Cerveau de Paris – ICM
  • En collaboration avec PrAIrie, MIAI Grenoble Alpes organise chaque année depuis
    2019 l’école d’été PAISS (PrAIrie/MIAI Artificial Intelligence Summer School). Cette
    école accueille chaque année plus de deux cents étudiantes et étudiants venus du
    monde entier (300 participants de 52 nationalités en 2021), sélectionnés sur plusieurs centaines de candidats.

Quelques chiffres à retenir sur les 3IA

  • Un budget total de 251,5 Millions d’euros,
  • 149 chaires,
  • 563 chercheurs académiques,
  • 454 doctorants et post-doctorants financés,
  • 168 entreprises partenaires,
  • 186 chercheurs ou ingénieurs des entreprises,
  • 13678 personnes formées à l’IA chaque année,
  • 1471 publications.

Les 3IA des actions adaptées aux territoires

3IA Côte d’Azur

Porté par Université Côte d’Azur, Inria, le CNRS, l’Inserm, Eurecom et SKEMA Business School, le programme scientifique du 3IA Côte d’Azur développe des applications pour la santé (médecine et biologie) et les territoires intelligents mais aussi des outils spécifiques pour booster les collaborations avec les entreprises et le transfert de technologie, et notamment :

  • le “3IA Techpool”, un pool d’ingénieurs de développement IA mutualisé mis en place au
    début 2021 pour répondre aux demandes d’ingénierie collaborative pour l’évaluation d’outils et le développement de preuves de concept et prototypes ;
  • le dispositif “Start-it up” pour le soutien à la maturation économique et technologique de start-up en IA ;
  • Formation : + 33% d’étudiants formés à l’IA en deux ans : master IA en co-diplomation avec l’Université de Laval, création d’une mineure inter-EUR en IA, développement d’une offre de formation continue adaptée aux besoins des entreprises, création du DU IA & Santé, le 3IA Côte d’azur mobilise tous les outils pour adapter son offre de formation aux besoins d’aujourd’hui et de demain.

Le 3IA Côte d’Azur collabore et dialogue avec l’ensemble des nouveaux objets liés à l’IA et au numérique créés sur son territoire concomitamment à sa labellisation: la Maison de
l’intelligence artificielle (MIA) qui diffuse la culture scientifique en IA auprès des scolaires et du grand public ; l’Observatoire sur les impacts économiques et sociétaux de l’intelligence artificielle (OTESIA) qui étudie les impacts de l’IA dans différents domaines de la société ; l’Institut EuropIA qui construit de l’événementiel grand public autour de l’IA sur la Côte d’Azur.

Olena Kushakovska, SAP, et Jean-Michel Sauvage, Icair, ont déclaré :

“Le label 3IA Côte d’Azur revêt une importance significative pour les partenaires du Conseil Industriel pour la recherche en Intelligence Artificielle (ICAIR), qui représente 14 grands industriels internationaux entreprises présentes sur la Côte d’Azur. Le label sert de gage de la qualité de l’IA écosystème de recherche présent dans la région, ce qui est particulièrement important pour notre majorité de membres non français de l’ICAIR. Cette reconnaissance, cet intérêt et cet investissement du gouvernement français.”

MIAI Grenoble Alpes

Porté par l’Université Grenoble Alpes aux côtés d’Inria, du CNRS, de l’Inserm, du CEA, de
Grenoble INP-UGA, de Grenoble école de Management, du CHU Grenoble-Alpes et de
l’ensemble de ses partenaires privés et industriels, MIAI Grenoble Alpes fédère l’ensemble
des forces du territoire Grenoble Alpes en matière d’IA.

Les systèmes de décision automatique actuellement déployés à grande échelle affectent déjà la vie des citoyens. Ces systèmes soulèvent de nombreux défis scientifiques en matière, par exemple, de sécurité, de robustesse, de confidentialité, d’équité et d’efficacité des données.

Le 3IA MIAI Grenoble Alpes aborde tous ces défis à travers des collaborations
interdisciplinaires et apporte des contributions fondamentales et appliquées à l’intelligence
artificielle. MIAI Grenoble Alpes développe en particulier la nouvelle génération de modèles et systèmes d’IA, depuis les architectures matérielles et embarquées jusqu’aux logiciels, avec un focus particulier sur la santé, l’environnement et l’énergie, et l’industrie 4.0. Il étudie aussi quels sont les problèmes juridiques et éthiques posés par l’utilisation croissante d’outils issus de l’IA.

Par ailleurs, MIAI Grenoble Alpes a lancé, en partenariat avec le pôle de compétitivité Minalogic, une série de Webinaires “Les éclairages de l’IA”, qui diffusent la culture IA auprès des entreprises, et mis en place le “MIAInnovation Quaterly Journal”, un journal ouvert à toutes les personnes désirant faire part de leur expérience sur l’innovation en IA.

Sur le volet formation, les actions mises en place au sein des formations courtes et longues
ont permis de dépasser l’objectif initial de passer de 700 diplômés en IA en 2018 à 1400 en
2022. Ceci a été rendu possible grâce, d’une part, à la redéfinition de formations existantes et deux certificats : “IA et application” et “Cœur IA”.

Claude Le Pape-Gardeux, Schneider Electric, déclare :

“Au-delà des applications de l’IA sur lesquelles nous étions déjà actifs, les échanges organisés au sein de l’Institut MIAI nous ont convaincu de nous lancer localement, avec les équipes de l’Université Grenoble-Alpes, sur des sujets de long terme, comme l’analyse partiellement automatique de documents normatifs ou réglementaires, l’apprentissage par renforcement ‘structuré’ ou l’évaluation systématique du manque de fiabilité d’une prédiction.

Les réunions mensuelles sont particulièrement utiles pour susciter la réflexion sur les applications envisageables et les techniques utilisables. De même, nous avons apprécié les séances de brainstorming multi-entreprises organisées par la chaire ‘AI for data-driven and self configurable supplychains’. En complément, le lancement en 2021 de formations courtes multi-entreprises est une excellente initiative que nous regardons actuellement”.

PrAIrie

Porté par le CNRS, Inria, l’Institut Pasteur, l’Université PSL, l’Université de Paris et un club de partenaires industriels, l’institut PrAIrie s’illustre par une concentration, exceptionnelle à l’échelle mondiale, de talents en IA. Le cœur de l’institut, fortement interdisciplinaire, est aujourd’hui constitué de chaires dont les spécialités traversent les sous-disciplines de l’IA, de l’apprentissage automatique à l’optimisation, en passant par le traitement automatique des langues, la vision, la robotique, la décision collective, la biologie, la médecine ou la physique statistique. Il s’assigne deux domaines d’application majeurs : la santé et le transport.

Ce 3IA est par ailleurs intégré à PariSanté Campus, dont l’ambition, affirmée par le Président de la République le 4 décembre 2020, est de faire de la France un leader mondial de la santé numérique. Inséré dans le paysage mondial des instituts d’intelligence artificielle, PRAIRIE est engagé dans la structuration du paysage européen par la coordination du nœud francilien du réseau ELLIS.

L’institut mène une politique volontariste à destination des jeunes et pour la promotion de ladiversité. Elle se matérialise par l’attribution de bourses d’excellence aux étudiants de Master,de bourses de mobilité dans le cadre de l’école d’été PAISS et le recrutement de 6 nouvelles chaires juniors.

S’agissant de la formation, la dynamique enclenchée par PrAIrie a permis la création ex-nihilo de nouvelles formations sur les fondements de l’IA (Master PSL IASD par exemple), mais aussi aux interfaces, avec une volonté appuyée de développer les doubles compétences (création d’une nouvelle double Licence IA et Management). La mise en place d’un Programme Transverse adossé à des modalités nouvelles de formation en médecine (Masterclasses, DU IA et santé) illustre cette dynamique. Outre la formation initiale, des parcours en alternance, en formation continue et une formation professionnelle de haut niveau pour la Société des Ingénieurs de l’Automobile ont vu le jour.

Jean-Luc Beylat, président Nokia Bell Labs France, assure :

“L’institut PRAIRIE a en très peu de temps à la fois rassemblé de très bons chercheurs en
intelligence Artificielle et a fédéré autour de ce projet une grande diversité d’industriels de premier plan fortement impliqués par les transformations portées par l’IA.

Cette concentration unique de talents du meilleur niveau international associée à la démarche d’innovation ouverte des industriels fait de PRAIRIE un lieu unique d’excellence et d’attractivité pour l’IA en France. La qualité des publications scientifiques et le nombre croissant des entreprises impliquées en sont les meilleures illustrations”.

Grégoire Ferre, Senior Vice Président, Faurecia, ajoute :

“PRAIRIE a été pour nous un espace de savoir innovant, permettant d’accompagner nos
équipes dans la construction du leur. Les équipes de PRAIRIE sont axées sur la recherche fondamentale mais comprennent avec pertinence la réalité opérationnelle d’un industriel comme nous. Je suis ravi que nous fassions partie de ce consortium.”

ANITI

Porté par l’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, ANITI développe une nouvelle
génération d’intelligence artificielle dite hybride, associant de façon intégrée des techniques
d’apprentissage automatique à partir de données et des modèles permettant d’exprimer des contraintes et d’effectuer des raisonnements logiques.

S’appuyant sur un modèle collaboratif inclusif, impliquant près de 14 laboratoires et une
trentaine de partenaires privés, grands groupes, PMEs et start-up émergentes, ANITI
intervient sur un spectre large de recherche interdisciplinaire, allant de la recherche
fondamentale à la recherche applicative, afin de développer collectivement les briques
permettant l’utilisation d’une IA de confiance pour les applications critiques dans les
domaines de la mobilité, des transports, de la robotique/cobotique pour l’industrie du futur
par exemple.

ANITI œuvre également au renforcement de la formation à l’IA sur le site toulousain, dans une démarche de co-construction, impliquant tous les acteurs académiques du site (écoles et universités) mais également les acteurs industriels ayant besoin de ressources formées à l’IA.

L’évolution de l’offre de formation et l’attractivité du label proposé par ANITI ont déjà permis de porter le nombre des étudiants se formant à l’IA à près de 3400 soit une augmentation de 70% en deux ans, dont un doublement sur le périmètre cœur et intégration.

Un accent particulier a également été mis sur la formation tout au long de la vie : mise en
valeur de l’offre de formation existante académique, création de formations nouvelles,
actions de rapprochement étudiants / entreprises.

S’agissant du transfert vers la sphère économique, ANITI s’appuie sur trois leviers :

  • un modèle original de partenariat académique / entreprise prenant en compte les spécificités des différents types d’entreprises
  • l’accompagnement à la création et au développement de startup au travers de programmes construits avec des partenaires tels que la SATT Toulouse Tech Transfer
  • le dispositif de soutien à l’entrepreneuriat PEPITE, ainsi qu’une inscription forte dans l’écosystème local pour favoriser les connexions avec l’ensemble des acteurs.Florent Teichteil Koenigsbuch, Airbus, Data Science Senior Scientistet Key Account Manager Aniti déclare :

“ANITI est une véritable opportunité pour nos ingénieurs à Airbus de se former aux méthodes d’Intelligence Artificielle les plus modernes. Nos ingénieurs travailleront à terme en mode plateau au B612 avec les chercheurs académiques porteurs de chaires dans une logique d’enrichissement mutuel vertueux : nous apportons des problèmes industriels aux chercheurs, qui en retour enrichissent leur portfolio de méthodes pour les résoudre.

L’échange de problématiques et savoir-faire avec les autres industriels partenaires du consortium est également une force pour construire les standards de demain sur l’IA certifiable, acceptable etcollaborative, qui sont une condition sine qua none pour embarquer des technologies d’IA à bord de nos flottes intelligentes et communicantes d’aéronefs et de satellites.”


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Marie-Claude Benoit

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