Replay : “IA et handicap, la déclaration d’indépendance” sur France Culture

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Le 30 octobre dernier, La Méthode scientifique proposait une émission sur l’IA et le handicap. À cette occasion, Nicolas Martin recevait Perrine Seguin, médecin spécialisée dans la médecine physique et la réadaptation neurologique et Blaise Yvert, directeur de recherche Inserm, responsable de l’équipe Neurotechnologies et Dynamique des Réseaux au BrainTech Laboratory de Grenoble. 

La présentation de La Méthode scientifique

Quels sont les différents moyens d’utiliser des neuroprothèses pour aider la prise en charge des patients souffrant de handicaps ? Où en est la recherche en matières d’essais cliniques sur ce type d’interfaces cerveau machine ? En quoi sont faits les implants cérébraux utilisés ?

Le 4 octobre dernier, le monde découvrait la surprenante vidéo de Thibaud, un jeune lyonnais de 28 ans, se déplaçant dans un exosquelette piloté par une interface neuronale. Cet essai, qui a donné lieu à une publication dans The Lancet Neurology, est une preuve de concept très puissante de l’ampleur du développement des technologies d’Interface Cerveau-Machine dans l’assistance aux personnes en situation de handicap via une intelligence artificielle. Tout récemment, un réseau neuronal a permis à une personne paralysée d’écrire des lettres en s’imaginant bouger un crayon, jusqu’où l’IA peut-elle aller ?

IA et handicap : la déclaration d’indépendance ?

C’est le programme émancipateur qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour évoquer ces recherches et ce nouveau contient qui semble s’ouvrir non seulement dans le domaine de l’Interface Cerveau Machine, mais aussi dans des systèmes plus souples et moins invasifs, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Perrine Seguin, médecin spécialisée dans la médecine physique et la réadaptation neurologique et Blaise Yvert, directeur de recherche Inserm, responsable de l’équipe Neurotechnologies et Dynamique des Réseaux au BrainTech Laboratory de Grenoble.

Le reportage du jour

Thomas Costecalde est chercheur en neurosciences et est impliqué dans le projet de recherche BCI (pour interface cerveau machine) du centre de recherche Clinatec à Grenoble. Avec Louis-Alim Benabid, mais aussi Alexandre Verney, Serpil Karakas et Tatiana Aksenova, Thomas Costecalde a développé l’exosquelette qui a permis à Thibault, un patient tétraplégique de 28 ans équipé d’implants cérébraux semi-invasifs, de contrôler la marche et le mouvement des bras d’un exosquelette dans lequel il est installé.

Thomas Costecalde, nous en explique le fonctionnement et nous dit de quelle nature sont les implants cérébraux greffés à Thibault. Après avoir réussi à marcher et bouger les bras, tout le travail de Thibault consiste désormais à arriver à prendre des objets.

Les repères

D’après l’OMS, plus d’un milliard de personnes dans le monde sont en situation de handicap, et seulement 10% d’entre elles disposent d’outils pour les aider dans leur vie de tous les jours.

Les interfaces cerveau-machine, ou ICM, ont ouvert la voie à de nouvelles techniques pour améliorer la vie des personnes atteintes de troubles neurologiques ou d’handicaps physiques. La technologie peut offrir davantage d’autonomie à des patients amputés ou souffrant de lésions de la moelle épinière et de sclérose en plaques. Ces technologies permettent un “contrôle mental” de périphériques externes comme une prothèse, mais concernent également les ordinateurs.

Le premier implant cérébral sur une personne paralysée a eu lieu en 2006 sur Matthew Nagle, qui a pu jouer au jeu Pong. La technologie utilisée s’appelle BrainGate, elle a depuis permis d’autres exploits comme le contrôle de bras robotiques.

Les essais cliniques se poursuivent pour valider les preuves de concept, mais pour parvenir à des résultats viables et multiplier les applications sur des patients en situation de handicap, il faut encore inventer des capteurs bio-compatibles que l’on puisse laisser longtemps dans le cortex. Il faut aussi comprendre quelles sont les régions optimales pour l’implantation dans le but d’obtenir un bon décodage, et enfin il faut un retour de signal de qualité.

Afin de se prémunir des freins évoqués et de se passer d’une chirurgie cérébrale lourde, certains projets sont en cours et concernent la mise en place de prothèses non invasives, qui permettraient d’obtenir la même précision que celle obtenue avec les techniques cérébrales invasives.