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L’OTAN travaille à l’encadrement de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine militaire

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) travaille à l’établissement d’un cadre de normes et de règles quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine militaire. L’OTAN a qualifié l’IA comme une technologie nécessaire pour conserver un avantage sur ses adversaires potentiels mais étant composée de 30 états membres avec chacun des priorités différentes quant à la question, le sujet est évidemment complexe.

Si l’OTAN semble prendre les devants sur la question de l’utilisation de l’IA dans le monde militaire, c’est parce que l’organisation considère qu’elle constitue un cadre propice à l’adoption d’une telle réglementation. Elle rassemble en effet 30 pays et c’est en ce sens qu’intervient Mircea Geoana, secrétaire général délégué de l’OTAN :

“Nous avons plus que jamais besoin les uns des autres. Aucun pays ou aucun continent ne pourra à lui seul rivaliser dans cette ère de compétition entre les grandes puissances”

L’OTAN publiera d’ici cet été sa propre stratégie concernant les normes d’utilisations de l’IA. Le but est de proposer aux différents états membres d’exploiter les systèmes de l’IA de manière éthique et responsable, d’identifier les applications militaires mais aussi de fournir “une plateforme permettant aux alliés de l’OTAN, de tester leur IA afin de savoir si elle est conforme à ces nouvelles normes” comme l’explique David Van Weel, secrétaire général adjoint de l’OTAN. Ce dernier fait également référence au fait que la création de cette stratégie intervient tandis que la Chine accélère son utilisation de l’IA dans le secteur militaire :

“Je ne suis pas sûr qu’ils aient les mêmes débats sur les principes d’utilisation éthique et responsable de l’IA ou qu’ils n’appliquent certainement pas nos valeurs démocratiques à ces technologies”.

Des directives éthiques seront élaborées sur la manière de gouverner les systèmes d’IA, par exemple en garantissant que les systèmes peuvent être arrêtés à tout moment par un humain. David Van Weel poursuit ses déclarations quant à la question de l’éthique :

“Si un adversaire utilisait des systèmes autonomes utilisant l’IA d’une manière n’étant pas compatibles avec nos valeurs, cela impliquerait que nous aurions à nous défendre contre ces systèmes et à mener une campagne de dissuasion contre leur utilisation”.

La création de cette stratégie intervient dans un contexte où les membres de l’OTAN sont à des stades très différents quant à l’utilisation de l’IA dans le domaine militaire. Si les États-Unis donnent clairement la priorité à l’IA, en Europe, la plupart des pays hormis la France et les Pays-Bas, annoncent ne pas utiliser l’IA ou alors très peu dans le domaine de la défense. Ulrike Frank, spécialiste en politique au conseil européen des relations internationales a précisé à ce sujet :

“Il n’est absolument pas étonnant que les États-Unis aient une stratégie militaire basée sur l’IA avant même d’utiliser l’IA dans d’autres domaines. Mais les européens eux, ont décidés de faire l’inverse.”.

Cela ferait écho aux traditions européennes quant à l’utilisation des nouvelles technologies dans le monde militaire et met en évidence les différentes approches quant à la réglementation de l’IA de manière plus générale.

Un autre sujet semble aussi être le cadre de désaccords entre les membres de l’OTAN : celui des systèmes d’armes létales autonomes (SALA). Quand le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France cherchent à développer ces technologies, la Belgique et l’Allemagne, elles, s’inquiètent de leurs développements.


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Zacharie Tazrout

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