Intelligence artificielle Le projet ArchAIDE : une application de reconnaissance automatique des fragments archéologiques

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Le projet ArchAIDE : une application de reconnaissance automatique des fragments archéologiques

Dans le cadre de la XXVe réunion de l’association européenne des archéologues à Berne, une application innovante a été présentée. Du nom ArchAIDE, cet outil conçu par une équipe de chercheurs de l’Université de Pise vise à révolutionner le monde de l’archéologie à l’aide de l’intelligence artificielle. L’application peut notamment reconnaitre les fragments de céramiques pendant des fouilles.

L’intelligence artificielle de plus en plus utile dans le monde de l’archéologie

Depuis 2016, une équipe de chercheurs travaille sur un projet européen qui vise à concevoir l’application ArchAIDE (Interprétation automatique archéologique et documentation des céramiques). Coordonné par le Laboratoire MAPPALAB du Département des civilisations et des formes de la connaissance de l’Université de Pise.

En temps normal, lorsqu’un archéologue souhaite identifier un fragment de céramique ou une poterie qu’il vient de découvrir, il passe plusieurs heures voire plusieurs dizaines d’heures à feuilleter les croquis. Une étape chronophage, comme l’explique Letizia Gualandi, du MAPPALAB de l’université de Pise :

“L’idée nous est venue quand nous étions sur le terrain. On manque de temps et l’analyse des poteries est longue et difficile. La volonté du projet ArchAIDE est également de réduire les coûts et les délais de traitement des informations, d’améliorer la réutilisation des données et de valoriser le patrimoine de manière durable.”

Une application qui exploite un module de reconnaissance automatique

Afin de fonctionner, ArchAIDE exploite les réseaux de neurones artificiels et un module de reconnaissance automatique. L’archéologue prend une photo de fragment qu’il vient de trouver et l’envoie au module de reconnaissance. La photographie est alors enregistrée dans une base de données et les archéologues ainsi que les amateurs passionnés par le sujet peuvent l’utiliser. En plus de faire gagner du temps aux archéologues, l’application valorise les nombreux indices archéologiques retrouvés, c’est ce que précise Letizia Gualandi :

“Au cours des recherches archéologiques, des milliers de fragments de céramique produits aux époques les plus diverses sont retrouvés, de la préhistoire à nos jours, presque comme des pièces d’un puzzle qui, s’il est reconstitué, peut fournir de nombreuses informations sur la vie dans les âges passés. Grâce à l’application que nous avons développée, l’idée est d’aider les archéologues à résoudre ce “gâchis” qui nécessite actuellement beaucoup de temps et des compétences très pointues, à tel point que c’est presque toujours impossible pour cataloguer toutes les poteries trouvées.”

Plusieurs types de poteries identifiables pour une précision de 75 %

À l’heure actuelle, l’application identifie plusieurs genres de poteries qu’elles soient décorées ou non décorées : les amphores romaines, les céramiques sigillées d’Italie, de Gaule du Sud et d’Espagne, et des majoliques de Monteluppo, Barcelone et Valence. Francesca Anichini de l’Université de Pise, chef de projet ArchAIDE évoque le taux de précision de l’application et ses possibles améliorations futures :

“L’application a été développée pour reconnaitre à la fois les fragments décorés et ceux sans décoration. Pour le moment, la précision de la reconnaissance est d’environ 75%, mais ce sera grâce à l’utilisation de plus en plus large par les utilisateurs que le système pourra améliorer ses performances, et de ce point de vue nous travaillons déjà à la construction d’un réseau d’universités , des centres de recherche et des entreprises qui pourront contribuer à l’enrichissement de la base de données.”

À noter que l’application ArchAIDE est d’ores et déjà disponible sur iOS et Android, via l’AppStore et GooglePlay.


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Zacharie Tazrout

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