2023, une année de batailles judiciaires pour OpenAI
On a vu cette année les auteurs, les scénaristes et les journalistes préoccupés par la peur de voir leurs métiers remplacés par l'IA générative, mais la violation de leur propriété intellectuelle les a fait également réagir. Une lettre ouverte de l'Authors Guild, rassemblant plus de 9 000 signatures, a ainsi été envoyée à OpenAI, Alphabet, Meta, Stability AI, IBM et Microsoft, attirant l’attention sur “l’injustice inhérente à la construction de technologies d’IA génératives lucratives à l’aide d’œuvres protégées par le droit d’auteur et demande aux développeurs d’IA d’obtenir le consentement, de créditer et de rémunérer équitablement les auteurs”. Des actions en justice ont vu le jour : Matthew Butterick, avocat et développeur, et le cabinet d’avocats Joseph Saveri, qui avaient porté plainte contre GitHub Copilot l’an dernier, ont représenté les écrivains Sarah Silverman, Richard Kadrey et Christopher Golden lors d'un procès contre OpenAI accusé d'avoir utilisé leurs livres pour l’entraînement de ChatGPT, ils les avaient représentés également lors d’un procès en juillet contre Meta pour avoir violé les lois sur le droit d’auteur en utilisant leurs livres pour entraîner LLaMA. La société avait admis avoir utilisé Books3, mais via l’ensemble de données The Pile qui est open source. Pour Matthew Butterick, les recours collectifs allaient être de plus en plus nombreux, ce qui s'est vérifié par une nouvelle plainte contre OpenAI de Michael Chabon, David Henry Hwang, Rachel Louise Snyder et Ayelet Waldman. Tous s'accordent avec le New York Times sur le fait de ne pas laisser OpenAI générer des bénéfices avec des produits utilisant leur travail sans contrepartie.Des accords avec les médias
OpenAI se défend de vouloir spolier les éditeurs et créateurs, la société se dit prête à collaborer avec eux "afin qu’ils tirent profit d’une technologie IA avancée et d’un nouveau modèle de revenus". Elle a ainsi signé récemment un accord avec le groupe de presse allemand Axel Springer après avoir conclu un partenariat avec l'Associated Press en juillet dernier, pour partager certains contenus et technologies d’information et examiner des cas d’utilisation potentiels de l’IA générative dans les produits et services d’actualité. Si certains quotidiens se disent prêts à négocier, pour l'instant la BBC, CNN, Reuters empêchent OpenAI d'explorer et collecter des données à partir de leurs contenus. Ce litige en cours avec le New York Times souligne les défis complexes auxquels l'industrie de l'IA est confrontée dans la recherche d'un équilibre entre innovation technologique, protection des droits d'auteur et rémunération équitable des créateurs de contenu. La décision prise par la Cour pourrait servir de jurisprudence, cette énième plainte souligne la nécessité d'une réglementation telle que l'AI Act pour des modèles transparents.Nos articles remonteront en priorité dans « À la une » de Google.