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La construction d’une vision partagée des questions éthiques liées à l’intelligence artificielle au centre des préoccupations de l’UNESCO

Ce mardi a débuté la 40e session de la Conférence générale de l’UNESCO devant les représentants des 193 États membres et des 11 Membres associés. À cette occasion, l’organisation a mis en avant les défis et sujets sur lesquels elle travaille dont l’éducation, la maîtrise du développement scientifique et technique, l’éthique en matière d’intelligence artificielle ou encore le multilatéralisme.

L’ambition de l’UNESCO à être un laboratoire d’idées a été soulignée dans l’introduction au débat d’orientation par la Directrice générale de l’Organisation, Audrey Azoulay, qui a dénoncé les multiples divisions qui érodent la gouvernance nationale et internationale ainsi que la planète elle-même.

« L’éducation est un pilier essentiel de nos objectifs pour 2030. Et nous sommes en retard », a averti Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies. « L’UNESCO a un rôle fondamental à jouer pour coordonner et suivre les efforts mondiaux à cet égard. Je salue l’initiative sur l’avenir de l’éducation lancée par sa Directrice générale lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre dernier.”

Mettant en garde contre l’éclatement de la communauté internationale en raison des divisions économiques, sociales et environnementales, de la haine et de discriminations sans cesse croissantes, le Secrétaire général a ajouté :

« Nous devons tout faire pour maintenir un système universel basé sur le droit international et préserver un monde multipolaire avec des institutions multilatérales fortes. »

« Un monde de fissures et de lignes de fracture n’est pas durable. Dans ce contexte, l’action de l’UNESCO est essentielle pour rassembler le monde », a-t-il ajouté. M. Guterres s’est également félicité de la contribution de l’UNESCO aux questions éthiques dans le domaine des sciences et des technologies et « du fait que cette Conférence générale semble être en mesure de lancer un processus en faveur d’un instrument normatif mondial sur l’éthique de l’intelligence artificielle ».

Après l’ouverture de la session par le Secrétaire général, les États membres ont nommé l’Ambassadeur Ahmet Altay Cengizer, délégué permanent de la Turquie auprès de l’UNESCO, Président de la 40e session de la Conférence générale.

« Les défis contemporains engagent ce qui fait notre humanité commune, a déclaré Mme Azoulay. Ils ne peuvent être circonscrits à des limites territoriales Ils ne sauraient trouver d’autre solution durable que coopérative, solidaire et multilatérale. »

Dénonçant l’effet paralysant des divisions sur la gouvernance internationale, elle a ajouté qu’il était de notre responsabilité « d’être efficaces en faisant du multilatéralisme une réalité quotidienne et en apportant la preuve qu’il peut conduire à une vie meilleure ».

Mme Azoulay a également souligné l’importance de l’éducation, « clé de voûte de la paix ».

« Si nous devons non seulement corriger les insuffisances et les inégalités dont souffre l’éducation aujourd’hui mais aussi mieux orienter les systèmes éducatifs du monde à venir, alors nous aurons posé les fondements les plus solides d’un développement effectivement et authentiquement durable ».

La Directrice générale a aussi souligné le défi consistant à maîtriser le développement scientifique et technique de telle sorte qu’il bénéficie à l’humanité et à la planète.

Elle propose aux États membres « de construire une vision partagée des questions éthiques liées à l’intelligence artificielle qui s’appuie sur nos réseaux d’experts, sur notre capacité de réflexion philosophique et sur notre légitimité politique pour une conversation mondiale que tant appellent de leurs vœux ».

La Conférence générale, organe directeur de l’UNESCO qui se réunit tous les deux ans pour déterminer le programme et le budget de l’Organisation, a également placé le multilatéralisme en tête de son ordre du jour avec un débat entre jeunes et dirigeants gouvernementaux intitulé « (Ré) Génération – Repenser le multilatéralisme avec de jeunes acteurs du changement », à l’occasion de cette journée d’ouverture.

L’événement a réuni Xavier Espot Zamora, Premier Ministre de la Principauté d’Andorre, Nikol Pachinian, Premier Ministre de l’Arménie, Félix Ulloa, Vice-Président d’El Salvador, Kersti Kaljulaid, Présidente de l’Estonie, Egils Levits, Président de la Lettonie, Joseph Muscat, Premier Ministre de Malte, Aleksandar Vučić, Président de la Serbie, Julius Maada Bio, Président de la Sierra Leone, Emomali Rahmon, Président du Tadjikistan, Youssef Chahed, Chef du Gouvernement de la Tunisie, Tijjani Muhammad-Bande, Président de l’Assemblée générale de l’ONU, ainsi que des jeunes femmes et jeunes hommes des quatre coins du monde engagés en faveur des valeurs de solidarité planétaire et œuvrant en faveur de sociétés plus inclusives et durables.

Au cours d’un échange animé, les jeunes participants ont exhorté les gouvernements à se mobiliser davantage pour lutter contre le changement climatique, à investir davantage dans l’éducation et à déployer des efforts concertés pour que la technologie soit mise au service des populations et de leurs droits.

Au cours de cette 40e session, qui s’achèvera le 27 novembre, les États membres doivent également adopter une convention internationale destinée à faciliter la reconnaissance internationale des diplômes de l’enseignement supérieur et la libre circulation des étudiants et des enseignants.


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Pierre-yves Gerlat

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