FairCarboN, Programme et Equipement Prioritaire de Recherche exploratoire (PEPR) qui vise à la neutralité carbone

Lancé début avril, le programme et équipement prioritaire de recherche exploratoire (PEPR) FairCarboN « Le carbone dans les écosystèmes continentaux : leviers et trajectoires pour la neutralité carbone » vise à développer la contribution des écosystèmes continentaux à l’atténuation du changement climatique et à la neutralité carbone. Copiloté par le CNRS et INRAE, entourés de l’IRD, du Cirad, du CEA, d’Aix Marseille Université, de l’Université de Montpellier et de l’Université Paris-Saclay il est doté d’un budget de 40 millions d’euros sur 6 ans, financé dans le cadre du PIA 4. Un premier appel à projets est ouvert ce mois-ci et cinq projets ciblés seront lancés d’ici 2023, afin de renforcer les dialogues inter-disciplinaires, multi-milieux et multi-acteurs.

Les PEPR exploratoires visent à « construire ou consolider un leadership français dans des domaines scientifiques liés ou susceptibles d’être liés à une transformation technologique, économique, sociétale, sanitaire, environnementale… et considérés comme prioritaires aux niveaux national ou européen. »

Le PEPR FairCarboN vise à mieux comprendre le cycle du carbone pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, traité international sur le réchauffement climatique adopté en 2015. Pour limiter la hausse des températures sous la barre des 2 °C et, tant que possible, ne pas dépasser les 1,5°, il est impératif d’atteindre zéro émission nette de dioxyde de carbone entre 2050 et 2070. Pour y parvenir, il faut réduire les émissions de CO2 mais aussi stocker le carbone pour compenser les émissions incompressibles.

Le rôle des écosystèmes terrestres

Les écosystèmes terrestres contribuent à ces deux objectifs et il est important de préserver les écosystèmes naturels, d’assurer la durabilité des écosystèmes gérés et semi-naturels.

Les systèmes agricoles et forestiers, en particulier, jouent un rôle essentiel dans ces objectifs. Une baisse massive des émissions nécessite une réduction des émissions du secteur agricole et un recours accru à l’utilisation de biomasse en substitution aux énergies fossiles. En outre, stocker le carbone dans les sols et la biomasse permettrait de compenser naturellement les émissions incompressibles.

Pour maintenir ou accroître la capacité des écosystèmes terrestres à fournir d’autres services écosystémiques, notamment l’approvisionnement en biomasse, la disponibilité et la qualité de l’eau, la préservation de la biodiversité, il est nécessaire avant tout de comprendre la dynamique du carbone dans les écosystèmes terrestres, de mesurer les stocks (quantités contenues dans les réservoirs que sont les sols, les couverts de végétaux, les eaux, l’atmosphère) et les flux (échanges entre ces réservoirs) et des interrelations du cycle du carbone avec les autres cycles biogéochimiques dont celui de l’eau.

D’autre part, la réduction de l’usage des ressources d’origine fossile, donc non renouvelables, va reposer sur le développement de l’usage du carbone renouvelable issu de la photosynthèse des végétaux dans les divers secteurs touchant à l’agriculture, l’industrie, l’alimentation, la santé etc. La bioéconomie et l’économie circulaire sont ainsi partie prenante de FairCarboN, car indispensables pour relever le défi climatique.

Le programme FairCarboN

Le PEPR exploratoire FairCarboN vise à évaluer la contribution des écosystèmes continentaux (forêts, systèmes agricoles, écosystèmes naturels, écosystèmes d’eau douce et côtiers, écosystèmes urbains et péri-urbains) à l’atténuation du changement climatique et à trouver les leviers écologiques, agronomiques et socio-économiques pour réaliser la transition vers la neutralité carbone. Sylvie Recous (INRAE) et Pierre Barré (CNRS) codirigent et animent le programme avec l’aide d’une équipe composée de 14 scientifiques couvrant les principaux champs thématiques du PEPR.

FairCarboN aura des impacts directs, concrets et significatifs sur les enjeux :

  • Scientifiques : levée de verrous de connaissances, montée en compétences des infrastructures de recherche, création de bases de données et d’une nouvelle génération de modèles numériques ouverts et partagés, accroissement des publications scientifiques internationales, reconnaissance internationale ;
  • Environnementaux : solutions pour baisser les émissions de gaz à effet de serre et augmenter le stockage de carbone en préservant la durabilité des écosystèmes ;
  • Socio-économiques : construction de trajectoires vers la neutralité carbone avec les différents porteurs d’enjeux (acteurs du monde agricole et forestier, industriels, agences environnementales, société civile, ONG, porteurs de politiques publiques, etc.) et accompagnement des territoires dans leur mise en œuvre de ces trajectoires aux échelles locale, régionale et nationale, mise en place d’indicateurs et d’outils d’aide à la décision pour accompagner les acteurs à contribuer à la transition vers la neutralité carbone ;
  • Politiques : mise à disposition des principaux résultats du programme sous forme de notes de synthèse et d’indicateurs à l’usage des politiques, contribution à l’élaboration et à l’évaluation des politiques publiques.

D’autre part, cinq projets ciblés, d’un budget compris entre 1.5 et 7 millions d’euros, seront aussi lancés d’ici 2023 sur des actions que l’équipe a identifiées.

Les cinq projets ciblés de FairCarboN

Cinq projets ciblés, d’un budget compris entre 1,5 et 7 millions d’euros, seront aussi initiés d’ici 2023 :

  • Le premier projet ciblé (7 M€) créera une base de données sur les évolutions de stocks de carbone dans les sols et dans les biomasses végétales, d’estimer les entrées de carbone et de rassembler les données, notamment climatiques, utiles aux modèles. Unique au niveau mondial, cette base permettra de tester les modèles existants (en France et ailleurs) et de les optimiser pour faire émerger une nouvelle génération de modèles plus précis.
  • Le PC2 (6.5 M€) développera une plateforme multi-agent de modélisation pour évaluer la dynamique du carbone à l’échelle territoriale. Elle permettra d’animer des « scenario labs » regroupant des scientifiques et des porteurs d’enjeux dans 5 territoires pilotes en métropole, dans les outremers et dans les pays du Sud (en lien avec l’IRD et le Cirad) et de faire un diagnostic des flux de carbone.

Les trois derniers projets apporteront des soutiens aux infrastructures que la France maintient partout dans le monde dans des conditions climatiques variées, représentant l’ensemble des écosystèmes continentaux :

  • Le PC3 (2.8 M€) permettra de densifier les réseaux de mesure de flux, notamment dans les pays du Sud comme en Afrique, avec l’aide de l’écosystème français déjà positionné sur ces territoires.
  • Le PC4 (1.5 M€) mettra en réseau des essais de systèmes de culture, aujourd’hui dispersés, afin de constituer une base de données plus complète.
  • Le PC5 (2 M€) s’intéressera aux flux de carbone dans les écosystèmes d’eau douce et le continuum terre-mer.

L’appel à projets de FairCarboN

Un appel à projets, doté d’un budget de 11 millions d’euros financé par l’ANR, a été annoncé le 11 avril lors du lancement du PEPR. Ouvert à toute la communauté, il vise à permettre de progresser fortement sur la compréhension des processus clés régissant le cycle du carbone (couplages avec les autres cycles, productions végétales et recyclage des biomasses, flux latéraux et longitudinaux, stockages et émissions, bilan de gaz à effet de serre, élaboration et évaluation de politiques publiques …).

Il comporte deux phases :

  • Une première phase de dépôt de lettres d’intention, jusqu’au 7 juin : L’équipe
    opérationnelle de FairCarboN composés des deux directeurs et des animateurs scientifiques du programme, évaluera ces lettres d’intention, et pour celles retenues, proposera, si nécessaire, des regroupements de propositions et/ou des ajouts de partenaires.
  •  Une seconde phase de dépôt des projets complets, jusqu’au 9 novembre 2022, en vue de l’évaluation du projet scientifique des consortia retenus, par un jury indépendant.

Le montant de l’aide par projet sera de 1 M€ et 1.5 M€ sur une durée de 4 à 5 ans.


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