Si l’adoption de solutions basées sur l’intelligence artificielle progresse à travers le monde, la question des données, de leur collecte, de leur qualité et leur souveraineté est au centre de nombreux débats. Nous avons échangé avec Antoine Couret, fondateur d’ALEIA et président du Hub France IA sur ces questions, sur les difficultés des entreprises et les possibilités qui s’offrent à elles.
1) Quelles sont pour une entreprise les principaux risques ou sources de difficultés des projets d’intelligence artificielle de nos jours ?
Je vais séparer la partie difficultés d'un côté, et risques de l'autre, car il s'agit de deux questions bien différentes. Les difficultés dépendent évidemment de la taille des entreprises. Les trois principales que l’on a identifié sont les suivantes :
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- La première difficulté, c’est l'acquisition de données natives et de qualité et le fait d'avoir assez de données pour pouvoir entraîner les algorithmes. On le constate, dans certaines filières voire de très grands groupes, la donnée manque, ce qui pose de vrais problèmes pour développer les algorithmes les plus pertinents. Et lorsque la donnée est là, elle n’est parfois pas d’assez bonne qualité pour être exploitée.
- La deuxième difficulté, selon moi, tient à la gouvernance, à la gestion de la donnée et à sa sécurité, à la fois pour le fait de garantir la conformité à la régulation mais aussi pour qu’elles soient protégées, leur détournement pouvant évidemment être catastrophique.
- Enfin, nous retrouvons dans la plupart des entreprises une troisième difficulté : le passage en production, qui permet de passer d’un premier test à une application opérationnelle, avec une infrastructure adaptée. Cette étape d’industrialisation est essentielle mais souvent non maîtrisée, car il faut pouvoir passer à l’échelle, ce qui doit avoir été prévu dès le départ, sinon ce sera source d’échec. C’est pour cela que beaucoup de projets ne passent pas en production : ils ont généré des coûts (pour les produire) mais pas de bénéfice.
