"C’est pourquoi nous avons songé à utiliser l’intelligence artificielle appliquée à la reconnaissance d’images. Il est en effet possible d’apprendre à une machine, en utilisant un grand nombre d’exemples, à prendre en compte tous les paramètres et prédire l’effet des interactions entre planètes dans une représentation imagée de l’effet induit."
Un réseau de neurones artificiels efficace pour identifier les objets.
UNIGE et ses associés vont utiliser un algorithme déjà connu : celui qui aide au pilotage des voitures autonomes en repérant la route, les trottoirs, les panneaux et les piétons perçus par la caméra. Cet algorithme, utilisé pour la détection d'exoplanètes, devra indiquer s'il y a éclipse pour chaque mesure de luminosité de l'étoile en recoupant toutes les configurations vues pendant son apprentissage. Dans le contexte de détection d’exoplanètes, le but est de déterminer, pour chaque mesure de luminosité de l’étoile, si l’éclipse d’une planète est observée. Le réseau de neurones prend sa décision en recoupant toutes les observations disponibles de cette étoile avec l’éventail de configurations vues durant son apprentissage. Adrien Leleu explique :"Dès les premières implémentations de la méthode, nous avons découvert deux exoplanètes ( Kepler-1705b et Kepler-1705c qui avaient été totalement manquées par les précédentes techniques. Les systèmes planétaires ainsi découverts sont une mine d’or pour nos connaissances sur les exoplanètes, et plus particulièrement sur les planètes de type terrestre qui sont généralement difficiles à caractériser."Grâce à cette méthode, il est possible d'estimer le rayon des planètes et leur masse, donc leur densité et leur composition. Yann Alibert, professeur à l’Université de Berne et officier scientifique du NCCR PlanetS est très enthousiaste et déclare :
"L’utilisation de l’IA, en particulier la technique de l’apprentissage profond, est de plus en plus répandue en astrophysique, que ce soit pour traiter des données d’observations comme dans cet article, ou pour analyser des résultats de gigantesques simulations numériques produisant des téraoctets de données. Ce que nous avons développé dans cette étude est un nouvel exemple du fantastique apport que ces techniques peuvent apporter dans notre domaine, et probablement dans tous les champs de recherche.
Une technologie utile sur Terre
Cette méthode a donc prouvé son efficacité pour l'astronomie, elle pourrait se montrer précieuse également pour l'observation de la Terre et de son environnement. Grégory Châtel, responsable R&D chez Disaitek confirme :"En développant cette technologie, nous nous sommes rapidement aperçus de son potentiel d’application à d’autres problèmes pour lesquels une faible quantité de données est disponible.Disaitek utilise désormais cette IA pour traiter des problématiques environnementales, notamment la détection des dépôts sauvages de déchets et des décharges illégales, grâce à des images satellites à très hautes résolutions. Par la suite, elle pourrait être un moyen de résoudre des problèmes écologiques cruciaux. Référence : Alleviating the transit timing variation bias in transit surveys. I. RIVERS: Method and detection of a pair of resonant super-Earths around Kepler-1705 A&A. Leleu, G. Chatel, S. Udry, Y. Alibert, J.-B. Delisle, R. Mardling - A&A, Forthcoming article - DOI: https://doi.org/10.1051/0004-6361/202141471
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