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Sûreté nucléaire : l’IRSN et le CNRS présentent leur feuille de route commune

Le CNRS et L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) coopèrent de longue date dans le domaine de la sûreté nucléaire, ils ont d’ailleurs créé en 2008 un laboratoire commun, le MIST (Laboratoire de Micromécanique et Intégrité des Structures) destiné à étudier le comportement thermomécanique des matériaux soumis à des ambiances nocives tels que les combustibles nucléaires et, plus récemment, en 2020, renouvelé leur accord-cadre afin de définir les conditions de leur collaboration. Le 2 juin dernier, les deux organismes ont établi une feuille de route commune précisant les thématiques et questions scientifiques qui structureront leur partenariat.

Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC), sous la tutelle conjointe du ministre chargé de l’Environnement, du ministre de la Défense, et des ministres chargés de l’Énergie, de la Recherche et de la Santé, l’IRSN est l’expert public national des risques nucléaires et radiologiques et concourt aux politiques publiques en matière de sûreté nucléaire et de protection de la santé et de l’environnement au regard des rayonnements ionisants. Ses missions d’expertise et de recherche couvrent les domaines suivants :

  • Surveillance radiologique de l’environnement et intervention en situation d’urgence radiologique,
  • Radioprotection de l’homme,
  • Prévention des accidents majeurs dans les installations nucléaires,
  • Sûreté des réacteurs,
  • Sûreté des usines, des laboratoires, des transports et des déchets,
  • Expertise nucléaire de défense.

Les six thématiques de la feuille de route commune IRSN-CNRS

L’élaboration de cette feuille de route commune, qui marque la volonté de l’IRSN et du CNRS de renforcer un partenariat établi selon leurs objectifs stratégiques respectifs, a impliqué les trois unités de recherche de l’IRSN (sûreté, environnement et santé) ainsi que cinq des dix instituts du CNRS : l’IN2P3, l’INC, l’INSIS, l’INSU et l’INEE.

Fanny Farget, coordinatrice de la contribution du CNRS alors qu’elle était directrice adjointe scientifique à l’IN2P3, a déclaré :

« Le travail effectué illustre la capacité de ce partenariat à stimuler l’interdisciplinarité et à mobiliser largement les compétences du CNRS pour résoudre des questions scientifiques concrètes. »

La feuille de route précise les thématiques et questions scientifiques sur lesquelles les deux organismes ont décidé de collaborer à la suite du renouvellement de leur accord-cadre en novembre 2020, à savoir :

  • L’altération des matériaux des composants et des structures,
  • Les séismes et les interactions sol-structure,
  • Les recherches transverses in-situ dans le domaine de l’environnement,
  • Les nouvelles techniques nucléaires pour la santé,
  • Les capteurs et la métrologie,
  • Les plateformes logicielles et la simulation.

Le nucléaire, levier important de la transition énergétique

Bien que considéré comme un levier important pour opérer la transition énergétique, le nucléaire est l’objet de nombreux débats et fait face à des défis majeurs. Dans le cadre de leur partenariat, le CNRS et l’IRSN ont décidé de renforcer leurs travaux sur une question clé de l’extension de la durée d’exploitation des réacteurs : celle des matériaux et de leur altération.

La feuille de route vise ainsi à améliorer les capacités de prédiction du comportement des aciers et des matériaux composites sur des durées et pour des conditions d’environnement spécifiques aux installations nucléaires.

Evaluer le risque sismique en France

L’IRSN et le CNRS poursuivront également leur collaboration pour évaluer le risque sismique en France métropolitaine. Ils aborderont les nombreuses questions scientifiques soulevées par le séisme du Teil qui a frappé la région de Montélimar en novembre 2019. Ce séisme de magnitude 5, historiquement sans précédent, avait d’ailleurs pu être caractérisé avec les outils technologiques de sismologie, géodésie et géologie, par des scientifiques du CNRS, de l’IRSN, de l’IRD, des universités de Montpellier et de Côte d’Azur et de la société Terradue. Dû à la réactivation d’une faille ancienne, il a soulevé le problème de la résistance sismique des centrales nucléaires.

Ils œuvreront aussi à renforcer le dialogue entre les géosciences et les sciences de l’ingénieur dans l’optique d’améliorer la prise en compte des interactions entre les sols et les structures dans les études de vulnérabilité.

Evaluer les effets de la radioactivité et acquérir de nouvelles données

D’autre part, le CNRS et l’IRSN ont prévu de collaborer également dans le domaine des sciences de l’environnement pour évaluer les effets de la radioactivité sur les écosystèmes et les socio-écosystèmes et accompagneront le développement des nouvelles technologies nucléaires dans le domaine médical.

A ces domaines de collaboration s’en ajoutent deux autres, de nature plus transverse.

  • Les capteurs, les mesures et leur traitement.

Le CNRS et l’IRSN veulent mettre à profit les avancées technologiques et les apports de l’IA pour progresser dans tous les domaines de recherche sur lesquels ils collaborent, accéder ainsi à de nouvelles manières d’observer, de mesurer, d’acquérir des données et d’en tirer de l’information.

  • Le second concerne les codes et plateformes de modélisation scientifiques.

Dans ce domaine, l’IRSN et le CNRS  travailleront à reproduire les phénomènes et situations caractéristiques du fonctionnement des installations nucléaires, en améliorant les couplages multiphysiques et en s’appuyant sur les méthodes numériques avancées.

Didier Gay, adjoint au directeur de la stratégie, délégué aux affaires scientifiques, à l’IRSN, affirme :

« Sur l’ensemble de ces thématiques, le CNRS et l’IRSN souhaitent que leur partenariat débouche sur des collaborations effectives et un dialogue productif entre leurs équipes de recherche. »

L’IRSN et le CNRS ont par ailleurs choisi de placer leur partenariat sous le signe de la responsabilité environnementale et climatique.

Antoine Petit, PDG au CNRS, conclut :

« Je me réjouis de cette collaboration structurante pour le CNRS et l’IRSN, qui mobiliseront à travers ce rapprochement leurs expertises sur des enjeux sociétaux primordiaux.  Mobiliser tout le potentiel de la science pour maîtriser les risques nucléaires et radiologiques et contribuer à relever les défis énergétiques et de santé, telle est l’ambition de la feuille de route que viennent d’établir le CNRS et l’IRSN. »


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Marie-Claude Benoit

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