"Il n'y a pas de numérique sans puces. Pendant que nous parlons, des chaînes de production entières fonctionnent déjà à vitesse réduite, malgré une demande croissante, en raison d'une pénurie de semi-conducteurs sans précédent".Elle avait ensuite souligné :
"Nous sommes dépendants des microprocesseurs les plus avancés fabriqués en Asie. Il ne s'agit donc pas seulement de notre compétitivité. L'enjeu est aussi notre souveraineté technologique ainsi que la conquête de "nouveaux marchés pour des technologies européennes novatrices."Alors que la demande de semi-conducteurs est exponentielle, l'Europe dépend de l'Asie et ne produit que 10% de ses semi-conducteurs mondiaux. L'European Chips Act mis en place pour résoudre la pénurie de puces et soutenir l'ambition de l'UE de devenir une puissance numérique sera donc présenté début 2022. Thierry Breton, commissaire européen a déclaré lors d'une interview :
"Dans le cadre du +chips act+ que je présenterai début 2022, l'Europe supportera les investissements, notamment de rupture, et plus largement l'ensemble du secteur en assouplissant les règles de concurrence relatives aux aides d'Etats. En contrepartie de ce soutien public, nous instaurerons un mécanisme de préférence européenne en cas de crise."Il a ajouté :
"C'est, je le rappelle, ce que les Américains ont fait à propos des vaccins produits sur leur sol. Nous devons retenir la leçon. Les semi-conducteurs sont aussi un enjeu d'équilibre des pouvoirs. Ce n'est pas du protectionnisme mais de la souveraineté géopolitique."Le marché mondial des semi-conducteurs est estimé à 440 milliard d'euros. En mars dernier, l'UE a annoncé son objectif de doubler les capacités de production de puces en Europe d'ici à 2030 pour parvenir à produire 20% des semi-conducteurs dans le monde et vise également à attirer les investissements étrangers. Thierry Breton s'est montré confiant, estimant que :
"l'Europe a des atouts majeurs à faire valoir: la qualité et la robustesse de sa production électrique", ses machines qui "tournent 24 heures sur 24" dans l'industrie des puces ou encore son "excellent vivier de talents et de compétences dans un secteur où les difficultés de recrutement sont aujourd'hui le plus grand frein au développement".
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