Jean-Luc Marini, nouveau directeur du Lab d’IA de Axys Consultants : portrait d’un maker

Jean-Luc Marini, nouveau directeur du Lab d’IA de Axys Consultants : portrait d’un maker
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JEAN-LUC MARINI_web


Le cabinet de conseil Axys Consultants vient d’annoncer la nomination de Jean-Luc Marini au poste de directeur du Lab d’IA. Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication qui aime créer, inventer et innover, l’homme se décrit comme un « esprit libre » qui apprécie autant apprendre que partager ses connaissances. Rencontre avec celui qui « ne se sent à l’aise que dans les cellules d’innovation ».

 

Pourriez-vous nous parler de votre parcours ?

Je suis Ph.D en sciences de l’information et de la Communication, titulaire d’une maîtrise de Mathématiques Appliquées, diplômé de l’IAE de Lyon en informatique de gestion – où j’ai également été professeur associé, responsable d’un Master en Management des  Systèmes d’Information pendant plusieurs années, j’ai également été membre de l’équipe de recherche MAGELLAN.

Quand j’étais enfant je rêvais de devenir « patron inventeur ». J’étais autant attiré par le « management » que par la création, j’aimais les cours de « techno » où l’on pouvait « bricoler », on jouait avec des matériaux, des outils… on faisait des expériences, on avait « les mains dans le cambouis ».

Comme j’étais bon en maths, j’ai suivi cette voie royale et j’ai enchaîné les études en mathématiques puis en informatique. Quand j’ai commencé à travailler dans le privé, mes ex-professeurs m’ont également demandé de venir à enseigner à l’Université. J’y suis resté 25 ans et j’ai gravi tous les « échelons » de « vacataire, maître de conférences associé à responsable pédagogique d’un master et professeur associé » … Enseigner est une expérience très enrichissante : on se nourrit du regard que les étudiants portent sur notre travail, de leurs réflexions…

Ce regard extérieur a été précieux tout au long de mon parcours professionnel. Et ce, dès le début, quand j’ai co-fondé SERVIDOC et travaillé avec les équipes d’André Truong. Nous développions des solutions de gestion électronique de documents et c’était passionnant car il n’y avait pas encore de standard, tout était à imaginer…on a même participé aux 1ères assises de la GED.

Puis j’ai dirigé, fondé ou co-fondé plusieurs structures car ce qui m’a toujours intéressé c’est de créer. Quand la solution fonctionnait, je ne me voyais pas passer 20 ans en vivant sur mes acquis. Ça peut paraître un peu fou mais l’exploration, la création sont mon moteur. Je ne me sens à l’aise que dans les cellules d’innovation.

 

De votre parcours très riche avez-vous une anecdote qui vous a marqué ?

Pour ma thèse de doctorat j’ai développé une solution de « contextual cognitive marketing » qui a attiré l’attention de plusieurs GAFAM dont Google. J’avais co-fondé avec mon associé olivier Figon une start-up : Search’XPR et nous avons fini par accepter de rencontrer Baidu en Chine. Nous avons été très bien accueillis par les équipes dirigeantes lors d’une rencontre qui réunissait également un représentant de l’Académie des Sciences de Chine et bien évidemment un représentant du gouvernement… Après quelques jours d’échanges, Baidu nous propose lors d’un repas très arrosé – comme le veut la culture chinoise dans ce contexte- de venir développer notre technologie en Chine avec à la clé une très grosse rémunération et d’importants moyens à notre disposition.

Pour faire honneur à nos hôtes nous avions porté de nombreux toasts et nous avions besoin de nous rafraîchir. C’est ainsi que dans les toilettes et en 5 minutes nous avons pris la décision de refuser. Nous n’avions pas voulu livrer notre techno aux USA, ce n’était pas pour nous tourner vers la Chine, nous étions français, elle resterait en France.

 

IA rime souvent avec Startup et SAAS, Quelle est la nécessité pour un cabinet de conseil de recourir à l’IA ?

Dans les start-ups, chez les GAFAM on développe des solutions d’IA pour les industrialiser. Dans une entreprise comme Axys Consultants on propose des services, du conseil. L’IA est un facteur de transformation pour nos clients. On est dans une logique de répondre à un besoin particulier. On expérimente des solutions avec et pour le client : on développe le POC puis on lui propose des prestataires -s’il n’en a pas déjà- pour passer à la phase d’industrialisation.

Peu de cabinets comme Axys Consultants ont les moyens de constituer un laboratoire d’IA. Ceux qui le font sont plutôt orientés « études » que construction de solutions pour un besoin précis du client. Quand j’ai eu l’opportunité de former ce lab d’IA je retrouvais tout ce que j’aime faire : créer et me renouveler à chaque mission. Si j’ai accepté c’est également parce que les associés ont des valeurs que je partage et qui sont appliquées au quotidien notamment la diversité, le partage, l’engagement, l’innovation et l’audace. Ils m’ont donné carte blanche et tous les moyens dont j’avais besoin et j’ai pu recruter une équipe.

Car la partie de mon job où je prends le plus de plaisir consiste en ces fameux points du matin avec mon équipe où on parle techno et usages, où la parole est libérée et où on oublie les notions de hiérarchie et de management. On y parle essentiellement de ce que qui fait l’essence même de mon job, la résolution de problèmes complexes, de créativité et d’innovation.

Rejoindre Axys Consultants c’est relever un nouveau défi, celui de créer et de gérer un laboratoire d’intelligence artificielle au sein d’un cabinet de conseil en management et transformation digitale. C’est également aider Axys Consultants à construire une offre dans le domaine de l’IA en lien avec les practices métier du cabinet.

 

Quelles vont être les missions de Laboratoire d’IA ?

Ce laboratoire d’intelligence artificielle a pour vocation de faciliter les collaborations avec les clients sur des « business cases » en conjuguant, démarche de co-construction et recherche de solutions concrètes. Nous cherchons également à favoriser l’émergence d’une communauté ouverte autour de l’IA avec les acteurs institutionnels, les leaders d’opinion, les réseaux d’influence, les acteurs technologiques et les start-ups évoluant dans les différents métiers de l’IA. C’est dans cette optique, que nous avons signé un partenariat avec Telecom Paris, l’IAE de Lyon et avons adhéré à Cap Digital. Nous organisons également tous les mois des événements comme les Good Morning #IA ou les soirées de l’#IA qui réunissent des experts pour échanger sur les grands sujets de l’IA.

 

Sur quels axes comptez-vous travailler en priorité ?

Contrairement à d’autres cabinets, nous ne sommes pas uniquement sur de la communication, nous sommes également dans « le faire » chez Axys Consultants. Actuellement, nous travaillons sur des outils qui aideront fortement nos clients, comme la prévision d’activité à base de programmation linéaire ou de méta-heuristiques, le conversationnel via des chatbots et des voicebots ou encore la prévision des fraudes et des abus.

Une de nos premières missions a été de répondre à une problématique complexe : désengorgement de la dépose minute d’un grand aéroport français, use case que nous avons traité en partenariat avec le pôle décisionnel et Big Data de la Direction des Systèmes d’Information

Nous avons également aidé une enseigne internationale de fabrication d’articles de sports et de loisirs à améliorer son scoring d’implantation.

Elle avait fait appel précédemment à un important cabinet de conseil qui travaillait avec une technologie « boîte noire » incapable d’expliquer pourquoi l’implantation qu’elle suggérait était la meilleure.

L’enseigne s’est tournée vers Axys Consultants car on lui a proposé une technologie qui sait expliquer le résultat du scoring basé sur un croisement des données de l’entreprise et des données en open data.

Nous travaillons également pour nous-mêmes. Nous avons développé un chatbot RH baptisé Marco Polo qui répond aux questions de nos collaborateurs : jours de congés restants, RTT … et une solution de smart report autrement dit de « compte rendu intelligent ». Nous passons beaucoup de temps en réunions et dorénavant notre système génèrera automatiquement les comptes-rendus, les relevés de décisions, le plan d’actions… La prochaine étape sera d’intégrer la gestion des émotions et l’analyse des sentiments.

 

La notion de performance hacking semble centrale pour Axys Consultants. Pourriez-vous nous expliquer ce qui se cache derrière ce terme et comment l’IA peut y contribuer ?

Le Performance Hacking (PH), c’est savoir mettre en avant les valeurs et tout le potentiel d’une organisation en identifiant les freins à la performance future. Il s’agit d’une démarche stratégique pour l’entreprise, en agissant là où on ne nous attend pas, là où le problème client ne se pose pas encore. Nous sommes là pour agiter le monde feutré du Conseil ! Nous sommes là pour casser les lignes avec pour unique but d’apporter de la valeur à nos clients. Voilà pourquoi, notre approche du « Performance Hacking » résume parfaitement notre engagement dans l’intelligence artificielle, qui est un outil, au service de nos clients.