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Intelligence artificielle pour le contrôle et la gestion des frontières : Focus sur le rapport de Frontex

Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes, est en charge du contrôle et de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen. Dans le cadre de sa stratégie de transition numérique, elle a publié un rapport sur une étude réalisée autour des principales exigences et opportunités existantes autour de l’adoption de systèmes d’IA pour mieux gérer les frontières. Ces recherches ont pu être effectuées grâce à des données fournies par RAND Corporation. 

Les objectifs de l’étude menée par Frontex

L’étude cherche à explorer les avantages et les potentiels axes d’adoption de l’IA. Elle vise à connaître au mieux ses capacités afin de l’exploiter dans les missions et tâches effectuées au quotidien par les gardes-côtes et les gardes-frontières. Frontex est conscient des barrières technologiques pouvant exister et souhaite, avec l’aide de ce rapport, pouvoir les contourner.

Cette étude a cherché à répondre à quatre questions fondamentales :

  • Quel est le paysage actuel de l’application de l’IA à la sécurité aux frontières ?
  • Quels systèmes innovants basés sur l’IA pourraient être appliqués à la sécurité aux frontières ?
  • Dans quels domaines de la sécurité aux frontières, ces systèmes basés sur l’IA pourraient-ils être appliqués ?
  • Quelles étapes sont nécessaires pour intégrer les systèmes basés sur l’IA dans la sécurité aux frontières ?

Les potentielles utilisations de l’IA pour Frontex

Les potentielles utilisations de l’IA mises en avant par Frontex regroupent plusieurs fonctions de sécurité aux frontières :

  • Prise en compte et analyse d’une situation : Les systèmes d’IA peuvent être utilisés pour collecter, fusionner et analyser des données en temps réel ou déjà stockés pour faciliter la prise de décision et les performances d’intervention dans des environnements complexes. Parmi les exemples cités, on retrouve la surveillance de personnes au sein d’une zone délimitée, mais aussi celles des véhicules et des objets. Les systèmes évoqués et ayant les capacités de réaliser ce genre de tâches sont les installations de surveillance activées grâce à l’IA (tours de surveillance) et les systèmes autonomes (par exemple les drones et les systèmes robotiques hétérogènes en réseau).
  • Gestion de l’information : Principalement la gestion des données et des informations grâce aux techniques d’exploration et de fusion de données, au NLP, à la reconnaissance d’image, de texte ou de motifs, etc. L’objectif est d’automatiser les informations (grâce à des modèles de machine learning notamment). Certains processus, comme le recrutement, peuvent faire appel à la gestion de données par l’IA.
  • Communication : L’IA offre des capacités de communication et de partage d’informations, y compris dans les technologies d’authentification. Il existe d’autres capacités induites par les techniques de NLP (par exemple, les chatbots).
  • Détection, identification et authentification : L’IA pourrait être utilisée pour détecter et identifier les menaces et authentifier les personnes et les objets. Cela inclut le contrôle automatisé des frontières grâce à l’IA, la numérisation biométrique, la reconnaissance faciale et la création et l’analyse de documents d’authentification (passeports, visas), ainsi que les capacités de détection des menaces grâce à la reconnaissance d’objets et la robotique cognitive (par exemple, avec la création d’agents de patrouille robotique aux frontières).
  • Formation et exercice : L’IA peut favoriser la formation et l’entrainement grâce à des exercices simulant des situations réelles (en créant des environnements simulés grâce à la réalité virtuelle ou augmentée).

L’adoption de systèmes basés sur l’IA : avantages et obstacles potentiels

Selon l’étude, plusieurs facteurs technologiques et non technologiques pourraient agir comme des obstacles potentiels dans l’optique d’utiliser les systèmes d’IA :

  • Barrières technologiques : Les systèmes d’IA peuvent être opérationnels et fonctionner s’ils sont entrainés par une quantité suffisante de données. Si celle-ci s’avère insuffisante, le développement de modèles de ce type ne servirait à rien et le modèle serait inefficace.
  • Barrières commerciales : L’utilisation des modèles d’IA a un coût non négligeable, malgré le fait que son prix tend à baisser ces dernières années.
  • Compréhension et connaissance de l’IA : L’utilisation de l’IA dans le cadre de la sécurité aux frontières serait une application nouvelle en Europe. Certaines des tâches que pourrait potentiellement réaliser un système d’IA n’ont pas forcément été conçues au préalable et devront être développées spécifiquement pour Frontex.
  • Éthique : Les algorithmes utilisés se doivent de respecter les droits de l’Homme et peuvent par moment, comporter des risques entravant ces droits. Ces modèles doivent également respecter les termes de la RGPD.

ou alors comme des catalyseurs :

  • Levier technologique et développement itératif : L’adoption des systèmes d’IA pourrait permettre une avancée considérable dans ce domaine. Comme expliqué précédemment, l’application de l’IA dans le domaine de la sécurité aux frontières est peu exploitée en Europe. Certains systèmes pourraient bénéficier de ce levier : les réseaux de neurones, informatique sensorielle, l’intégration de la blockchain, la robotique cognitive, etc.
  • Amélioration des plateformes utilisateur : Les interfaces pourront également être plus intuitives (dans le cadre de la numérisation biométrique ou des technologies de surveillance), et ce, malgré le fait que les systèmes d’IA deviennent de plus en plus complexes.
  • Démocratisation de l’IA : La commercialisation et la démocratisation des modèles d’IA contribueront potentiellement à la diminution des coûts de production, améliorant la viabilité économique du secteur.
  • Sensibilisation auprès du public : Une utilisation croissante de l’IA afin de fournir des services divers et variés peut renforcer l’image positive de l’IA vis-à-vis du grand public.

Notons un dernier point, non évoqué dans l’étude : celle de la toute nouvelle proposition de réglementation européenne en matière d’intelligence artificielle que devra prendre en compte Frontex.


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Zacharie Tazrout

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