Au Japon, une société d’assurance licencie 34 salariés à profit d’une intelligence artificielle

La société d’assurance japonaise Fukoku va se passer des services de 34 de ses 130 employés et ne pas renouveler plusieurs CDD en cours, soit un quart de son personnel. La nouvelle a fait grand bruit au Japon mais également hors de l’archipel nippon car cette même société a annoncé qu’elle se doterait de Watson Explorer conçu par IBM, une intelligence artificielle qui peut traiter 130.000 dossiers d’assurés par an.

Watson est un système ultra-sophistiqué, développé par IBM, capable d’analyser en un temps record des milliers de données. Au sein de Fukoku, l’intelligence artificielle aura pour mission d’assurer les tâches d’un assureur classique. Il analysera les données médicales des assurés, ou potentiels assurés, et déclenchera la validation des paiements. Il calculera de lui-même les montants à verser selon les cas en prenant en compte l’historique de chaque assuré. L’humain n’interviendra que pour approuver la décision finale de Watson Explorer.

Pour installer ce système capable de lui faire gagner des millions, la société Fukoku va débourser 1,6 millions d’euros pour l’installation, auxquels s’ajouteront les 120.000 euros par an de la maintenance. Un tarif qui peut sembler astronomique mais qui ne l’est pas tant que ça au vue de la productivité de Watson Explorer.

L’intelligence artificielle est en plein développement et ses applications en matière d’emploi s’étendent progressivement. Certains supermarchés, hôpitaux, journaux, entre autres, se sont déjà dotés de systèmes adaptés à leur secteur d’activité. Le monde de la finance s’y intéresse de très près et l’annonce de Fukoku concernant l’installation de Watson Explorer risque de faire des émules.

Les avis des chercheurs divergent sur la place des robots et des intelligences artificielles au sein de nos sociétés à court, moyen et long termes. Carl Benedikt Frey et Michael Osborne, de la Oxford Martin School, expliquaient par exemple en 2013 que « 47 % du total des emplois aux Etats-Unis présentaient de grands risques de devenir automatisables d’ici 2035 ». D’autres analystes sont plus réservés sur ce chiffre et l’OCDE, dans un rapport de 2016, estimait que « seulement 9 % en moyenne des emplois dans les 21 pays de l’OCDE » allaient pouvoir être automatisables.

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