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Appel à contributions au colloque TRACT : « Traduction littéraire et intelligence artificielle : théorie, pratique, création »

TRACT (Centre de recherche en traduction et communication transculturelle), l’une des cinq équipes de l’Unité de recherche PRISMES-EA 4398 de Sorbonne Nouvelle, prévoit d’organiser le colloque « Traduction littéraire et intelligence artificielle : théorie, pratique, création » les 20 et 21 octobre prochain. Les débats auront pour thématique la traduction automatique, et plus précisément les changements majeurs que la traduction automatique neuronale (TAN) va apporter dans le domaine de la traduction.

L’intelligence artificielle a entraîné une importante évolution technologique du domaine de la traduction, les logiciels de traduction automatique sont devenus de plus en plus performants et offrent une traduction quasi-instantanée. Les systèmes d’apprentissage autonome de traduction automatique neuronale (TAN), basée sur le deep learning, sont à présent capables d’effectuer des tâches complexes et offrent une traduction plus fluide et précise, prenant compte du contexte, que celle apportée par la traduction statistique.

Néanmoins, les services de traduction spécifiques ont recours à des traducteurs humains pour peaufiner les textes traduits. En maîtrisant les subtilités de la langue, ils peuvent ainsi vérifier les contresens et apporter les corrections nécessaires. Ce travail de post-édition fait d’ailleurs redouter aux traducteurs une remise en question de leur statut, la dimension créative de leur métier serait ainsi menacée par la TAN.

L’appel à contributions de TRACT

L’équipe de TRACT s’est interrogée sur les implications que l’usage de la TAN va apporter au concept de traduction et a décidé d’organiser un séminaire les 20 et 21 juin prochain pour lequel elle lance un appel à communications. Après avoir créé un compte sur Sciences Conf, il sera possible d’adresser les propositions de contribution en français ou en anglais devront être adressées avant le 6 juin 2022 ici (Au préalable, prière de créer un compte sur Sciences Conf).

Les contributions doivent comporter :

  • un titre;
  • un résumé de 300 mots;
  • 5 mots-clés;
  • une courte bio-bibliographie;

La réponse parviendra aux auteurs des propositions au 1er juillet 2022. Une sélection de contributions sera publiée dans le 38ème numéro de la revue Palimpsestes.

Le colloque traduction littéraire et intelligence artificielle

L’équipe de TRACT s’est posé les questions suivantes : Comment notre expérience de la traduction, modifiée par la présence de la machine, infléchit nécessairement notre manière de réfléchir (sur) la traduction. La machine est-elle à même de saisir la singularité du style d’un auteur, de ce qu’il fait avec et à la langue ? Peut-elle trouver une stratégie capable de restituer cette transformation complexe, d’une manière ou d’une autre ? Cela nous conduit à une interrogation renouvelée sur ce que veut dire « comprendre » un texte, et plus généralement « lire » un texte, a fortiori si on considère avec G. Steiner que « comprendre c’est traduire ». Peut-on dire que la machine lit le texte pour le traduire comme le fait le bio-traducteur ? Traduire implique la mise en œuvre d’une forme extrêmement raffinée de la pensée. Or la question posée dès 1950 par Alan Turing, l’un des pères de l’intelligence artificielle (IA), n’était-elle pas « Can machines think? », c’est bien là toute la question en effet. Comment le traducteur humain appréhende-t-il le texte source ? La lecture du texte à traduire est-elle différente de la lecture plaisir ? Par quels chemins, hésitations, retours en arrière, consultations de dictionnaires etc., le traducteur aboutit-il au texte cible ? La machine peut-elle définir son texte cible et y adapter ses stratégies traductives ? Les recherches sur les processus cognitifs à l’œuvre chez les traducteurs humains peuvent-elles jeter un éclairage utile sur ces questions ?

Trois axes sont envisagés (qui forcément se recoupent en certains points) :

  • Initier les traducteurs littéraires, traductologues, enseignants-chercheurs, étudiants aux nouveaux outils issus de l’IA, TAO, TAN, les éclairer sur leur fonctionnement, le rôle de la linguistique informatique, les sciences cognitives, les neurosciences, leur histoire, les perspectives de progrès, leurs limites, etc.
  • Comment la TAN se mesure-t-elle aux textes littéraires ; quels défis la littérature (en particulier la poésie), lui oppose-t-elle avec ses équivoques, ses ambiguïtés, ses significations énigmatiques, ses points d’intraduisible qui en sont souvent la signature ? Inversement, quelle part la TAN, la TAO, peuvent-elles prendre au renouvellement de la créativité littéraire ?
  • La TAN effectue-t-elle un changement de paradigme pour  la traduction ? En quoi l’omniprésence de la machine nous permet-elle de prendre conscience de l’automatisation de certains processus naguère effectués par des traducteurs experts ? Que devient la place du bio-traducteur: se voit-il libéré ou au contraire aliéné par la machine (qui ne peut fonctionner sans exploiter des données humaines) ? En quoi ces changements vécus par les traducteurs permettent-ils de dessiner un nouveau paradigme, incluant mais aussi excédant la dimension pragmatique de ce travail ?

Dans ce cadre on pourra s’intéresser, entre autres,  aux questions suivantes

  • Les nouveaux outils de TA pourraient-ils, à terme, réellement remplacer les traducteurs humains ?
  • Enseigner la traduction à l’université à l’ère de la TAN ?
  • La traductologie de corpus, la TAO peuvent-elles améliorer la qualité des traductions ou retraductions littéraires ?
  • Dans quelles mesures les pratiques des traducteurs pragmatiques sont-elles transférables aux traducteurs littéraires ?
  • La machine fait-elle du bio-traducteur un traducteur augmenté ou un traducteur diminué ? Quel rôle pour la machine, quel rôle pour l’humain ?
  • Comment la TAN et la TAO modifient le rapport du traducteur au texte littéraire, sa lecture du texte et donc son engagement avec le texte ?
  • L’interaction humain/machine en traduction littéraire : la collaboration est-elle possible, souhaitable, ou dommageable ?
  • Les traducteurs littéraires ne risquent-ils pas d’être fortement encouragés par les éditeurs à se transformer en réviseurs spécialisés (développement de la post-édition) ? La machine ne va-t-elle pas les réduire à une fonction ancillaire dont ils essaient de s’affranchir depuis des décennies ?
  • La machine ne peut-elle pas se faire l’alliée de la créativité littéraire, par le biais de l’aléa qu’elle introduit dans la traduction, ou encore, par les contraintes formelles qu’on peut lui inculquer (rimes et pieds dans la traduction de la poésie, , par exemple) ?
  • La littérature de genre, qui répond souvent à des formes d’écriture assez formatées (fantasy, romance, etc.) n’est-elle pas une cible idéale pour le développement de la TAN dans le domaine littéraire ?
  • La machine « entend-elle » la voix de l’auteur.e ? Est-elle capable de faire entendre une voix singulière dans la traduction ?
  • Quid du « projet » de traduction cher à Antoine Berman si l’on confie le texte à une machine ?
  • La stylistique de corpus permet-elle de mieux étudier et comparer les stratégies de traduction mises en œuvre par les traducteurs humains ? Est-elle pertinente pour comparer la traduction automatique et la bio-traduction ?
  • La réception par les lecteurs des textes littéraires diffère-t-elle selon les modalités de leur traduction ?


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Marie-Claude Benoit

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