"Il y a une nécessité certaine à se connecter à un système pour connaître le nombre de cas signalés aujourd'hui, où se situent ces cas, où sont les sources, où se développeront les prochaines épidémies. Nous disposons de bonnes mesures comme la fumigation, les larvicides, les moustiques génétiquement modifiés (GM), nous avons même des Wolbachia [bactéries qui réduisent la capacité des insectes à être infectés par des virus], mais, si nous ne savons pas quand et où cette épidémie pourrait se produire, cela engendre beaucoup de management sans planification et de campagnes nationales".Le système qu'ont développé Dhesi Raja et Rainier Mallol est baptisé AIME pour Intelligence Artificielle en Épidémiologie Médicale. Il intègre les données transmises automatiquement par les médecins au sujet de nouveaux cas de dengue. AIME peut ensuite effectuer des recherches parmi 90 bases de données concernant 276 variables relatives à la propagation du virus telles que le terrain, l'altitude, le type de toiture, les conditions climatiques, l'accumulation d'eau ou la densité de population. Après analyse, le système peut prédire les prochaines épidémies dans un rayon de 400 mètres. Testé à Manille, aux Philippines, à Rio de Janeiro, au Brésil, et dans plusieurs états de Malaisie, AIME est parvenu à déterminer avec précision les épidémies avec un taux de fiabilité oscillant entre 81% et 84%. Selon Dhesi Raja, les données fournies par le système pour que les autorités sanitaires puissent intervenir sont à l'origine de la baisse des infections dans l'un des états malaysiens où AIME a été testé. Cependant, ces données ne sont pour l'instant pas appuyées par une étude officielle. Dans un article de SciDevNet, Oliver Brady, professeur adjoint à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, relativisait l'intérêt de ce type de modèle statistique basé sur des données satellitaires. Selon lui, il y a énormément de variables à prendre en compte dans une telle épidémie et même si le système permet de prédire efficacement, il suffit de paramètres non pris en compte pour venir fausser les résultats.
"Si votre système est vraiment très bon pour prédire les épidémies, alors quelqu'un interviendra et commencera à traiter à l'aide d'un insecticide dans la zone prédite, et la dynamique de transmission changera. Donc, toutes ces relations importantes sur lesquelles le système a été entrainé via les données des dernières années pourraient maintenant être complètement différentes".
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