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L’IA pour améliorer les traitements de la psychose au centre d’une étude collaborative Canada – Europe

Utiliser l’intelligence artificielle ainsi que la stimulation cérébrale pour améliorer le traitement de la psychose, tel est l’objet de l’étude qui va être menée par un consortium de centres de recherches canadien et européens, et notamment à Montpellier. Axé sur la médecine personnalisée pour les troubles mentaux, il a été mis en place et subventionné par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), en collaboration avec le consortium de l’UE pour un total de 2,1 millions de dollars.

Le Dr Lena Palaniyappan, professeur agrégé à la médecine de Schulich Medicine & Dentistry et chercheur au Robarts Research Institute, est à la tête du volet canadien du projet. Il portera principalement sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour personnaliser le traitement des patients atteints de psychose.

En collaboration avec cinq centres européens, le Dr Palaniyappan et une équipe du Robarts Research Institute et de St. Joseph’s Health Care London vont collecter des scanners du cerveau et des informations génétiques auprès de plus de 60.000 patients afin de comprendre la relation entre la génétique et le développement du cerveau.

Les données sont collectées dans six centres, coordonnés par le Dr Emanuel Schwarz de l’Université de Heidelberg à Mannheim, en Allemagne. En plus du St. Joseph’s Health Care London et du Robarts Research Institute, d’autres partenaires participeront au projet notamment à Munich, Oslo, Rotterdam et Montpellier.

“L’étude implique la collecte d’informations de neuro-imagerie et d’informations génétiques à partir de plusieurs sites afin de comprendre les mécanismes de la maladie mentale”, a déclaré le Dr Palaniyappan. “Comment les gènes et les réseaux cérébraux interagissent-ils pour provoquer des troubles mentaux, et comment pouvons-nous utiliser ces informations pour faire proposer aux patients des choix de traitement spécifiques”.

Les chercheurs étudient spécifiquement un traitement appelé stimulation magnétique qui sera administré dans le cadre du programme de soins de santé mentale du St. Joseph’s Parkwood Institute, en collaboration avec le Dr Amer Burhan. Le traitement utilise des impulsions magnétiques focalisées qui stimulent un groupe spécifique de neurones. Selon le Dr Palaniyappan, le traitement est très efficace, mais chez seulement un tiers des patients.

“Nous voulons savoir s’il existe des marqueurs clairs indiquant qui répondra à ce traitement et qui ne le fera pas. Cela contribuera à réduire le fardeau des essais de traitement ayant échoué pour cette maladie difficile”, a déclaré le Dr Palaniyappan.

Pour ce faire, les chercheurs vont analyser des tendances dans une très grande quantité de données d’imagerie et cliniques recueillies en Europe et au Canada. C’est là que l’intelligence artificielle entrera en jeu. Afin de comprendre les modèles qui sont utiles sur le plan clinique, ils utiliseront le machine learning pour entraîner un ordinateur à reconnaître les modèles attendus, puis à faire des prévisions pour les nouveaux patients.

Le projet de recherche signifie également que cette forme de traitement par stimulation magnétique sera proposée pour la première fois à des patients atteints de psychose à Londres.

“La stimulation magnétique cérébrale est un traitement sûr et bien toléré qui est actuellement utilisé à Londres pour traiter la dépression, mais nous pourrons maintenant l’offrir également aux patients souffrant de psychose”, a déclaré le Dr Palaniyappan.

Le projet débutera en mai 2019 et se poursuivra jusqu’à la fin de 2022.

Thierry Maubant

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