L'incompréhension des agriculteurs ardéchois exclus
Des agriculteurs du centre du département ont été exclus de ce dispositif, leur taux de perte étant reconnu à 0%, alors que leurs voisins à quelques kilomètres vont recevoir une indemnisation de 3 000 euros. Dans un reportage de TF1, Mickaël Giraud, agriculteur et éleveur de brebis, à Saint-Joseph-des-Bancs, près de Privas, explique avoir perdu 45% de sa récolte de fourrage, soit une perte financière de 9 000 euros. L'année 2022 est pour lui l'année la plus sèche depuis 30 ans, mais il ne recevra pas d'aide. Selon Benoît Claret, Président de la Chambre d'agriculture de l'Ardèche, 500 à 800 agriculteurs seraient concernés : « c'est inacceptable, il faut que nous soyons reconnus sur l'ensemble du territoire ardéchois ». Selon lui, toutes les études sur le terrain avaient démontré des pertes de fourrage supérieures à 30%. Il déclare durant ce reportage :« Quand on a notre préfet de département, la direction départementale des territoires, qui sont à nos côtés pour dire, en effet, on est sur une situation où il y a eu une sécheresse, je pense qu’on ne se trompe pas. Et que s’il y a un élément qui n’est pas le bon, c’est peut-être bien le satellite et pas ceux qui sont présents sur le terrain ».
Un algorithme entraîné sur des données faussées
Le Ministère de l’Agriculture utilise les données d’un satellite d'Airbus qui mesure la pousse d’herbe et calcule les taux de rendement. L'algorithme d'IA modélise la pousse de l'herbe à partir des données d'un certain nombre d'années précédentes, où la sécheresse était également présente. Benoit Claret déclare à France Bleu :« Comme on est d'autant plus touchés, le modèle a du mal à différencier une année normale d'une année de sècheresse. »
Il ajoute :« Malgré un dossier robuste, une grande partie du territoire ardéchois est écarté des aides, ça laisse perplexe quant à la capacité à Paris d'analyser la situation correctement. »
Les agriculteurs ont envoyé une lettre à leur ministre pour exprimer leur mécontentement...