Intelligence artificielle Retour sur l’adoption de la première stratégie de l'OTAN en matière d'Intelligence...

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Retour sur l’adoption de la première stratégie de l’OTAN en matière d’Intelligence Artificielle

Les 30 pays de l’OTAN ont pour objectif de garantir la liberté et la sécurité aux membres de leur alliance. Créé en 1949, l’OTAN doit s’adapter à un environnement de sécurité de plus en plus complexe et toujours en évolution et l’organisation internationale accorde depuis quelques années davantage d’attention aux technologies émergentes et de rupture. Le 21 octobre, elle a adopté une stratégie visant à maintenir son avance dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Les technologies émergentes sont en train de modifier les notions mêmes de paix, de crise et de conflit. Les membres du traité de l’Atlantique nord ne peuvent plus considérer leur avance technologique comme acquise. La Chine, par exemple, ambitionne de devenir leader dans le domaine de l’intelligence artificielle au cours de la prochaine décennie. L’OTAN veille à garder sa place stratégique.

Défense, sécurité, responsabilité et respect du droit international

Dans le cadre de son Agenda OTAN 2030, elle a donc adopté une stratégie visant à maintenir son avance dans sept technologies de rupture d’importance clé : intelligence artificielle, données et informatique, systèmes autonomes, technologies quantiques, biotechnologies, technologies hypersoniques et espace. L’intelligence artificielle pose question, en particulier lorsqu’elle est combinée à d’autres comme le big data, les systèmes autonomes ou les biotechnologies. Les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont donc approuvé une première stratégie.

Cette dernière décrit la manière dont l’IA peut être appliquée au secteur de la défense et de la sécurité de manière sûre et éthique. Elle établie qu’il est impératif de veiller à une utilisation responsable des technologies d’intelligence artificielle, ainsi qu’au respect du droit international et des valeurs de l’OTAN. Elle aborde également les menaces posées par l’utilisation de l’IA par des adversaires, ainsi que la manière d’établir une coopération de confiance avec la communauté de l’innovation en matière d’IA.

Quelques extraits de la stratégie de l’OTAN

  1. L’intelligence artificielle (IA) change l’environnement mondial de défense et de sécurité. Il offre une opportunité sans précédent de renforcer notre avance technologique, mais augmentera également la vitesse des menaces auxquelles nous sommes confrontés. Cette technologie fondamentale affectera probablement l’éventail complet des activités entreprises par l’Alliance à l’appui de ses trois tâches principales ; la défense collective, la gestion des crises et la sécurité coopérative.
  2. Afin de maintenir l’avance technologique de l’OTAN, nous nous engageons à collaborer et à coopérer entre les Alliés sur toutes les questions relatives à l’IA pour la défense et la sécurité transatlantiques. L’OTAN et les Alliés peuvent contribuer à accélérer ces efforts en s’appuyant sur les efforts d’adoption existants de plusieurs organismes de l’OTAN et des Alliés.
  3. L’objectif de cette stratégie est quadruple :
  • Fournir une base permettant à l’OTAN et aux Alliés de montrer l’exemple et d’encourager le développement et l’utilisation de l’IA de manière responsable à des fins de défense et de sécurité alliées ;
  • Accélérer et intégrer l’adoption de l’IA dans le développement et la fourniture des capacités, en améliorant l’interopérabilité au sein de l’Alliance, notamment par le biais de propositions de cas d’utilisation de l’IA, de nouvelles structures et de nouveaux programmes ;
  • Protéger et surveiller nos technologies d’IA et notre capacité à innover, en tenant compte des considérations de politique de sécurité telles que l’opérationnalisation de nos principes d’utilisation responsable ;
  • Identifier et protéger contre les menaces d’une utilisation malveillante de l’IA par des acteurs étatiques et non étatiques.

5. Dans le cadre du futur accélérateur d’innovation pour la défense pour l’Atlantique Nord (DIANA), les centres nationaux d’essais d’IA pourraient soutenir l’ambition de l’OTAN en matière d’IA. L’OTAN et les Alliés mèneront également des dialogues réguliers de haut niveau, engageant les entreprises technologiques à un niveau politique stratégique à être informées et à contribuer à façonner le développement des technologies de l’IA, créant une compréhension commune des opportunités et des risques découlant de l’IA.

Garantir l’utilisation sûre et responsable de l’IA alliée

  1. Pour garantir une utilisation sûre et responsable de l’IA alliée, l’OTAN mettra en œuvre ses principes d’utilisation responsable. Ces principes s’appliqueront tout au long du cycle de vie d’une capacité d’IA. Les Alliés et l’OTAN appliqueront donc ces principes à tous les axes de développement.
  2. Pour éclairer davantage ces travaux, le ou les centres d’essais de l’IA de l’OTAN élaboreront des meilleures pratiques pour les Alliés, qui incluront une assistance aux efforts globaux d’interopérabilité et de sécurité de l’information.
  3. Soutenir l’utilisation sûre et responsable de l’IA, de l’OTAN et des Alliés mettra consciemment en pratique les efforts d’atténuation des biais. Cela cherchera à minimiser ces préjugés contre les traits individuels, tels que le sexe, l’origine ethnique ou les attributs personnels.
  4. L’OTAN procédera à des évaluations appropriées des risques et/ou de l’impact avant de déployer des capacités d’IA

L’OTAN indique qu’elle poursuivra son travail en collaboration avec les organismes internationaux de normalisation pertinents en matière d’IA pour contribuer à favoriser la cohérence entre les normes militaires et civiles en ce qui concerne les normes d’IA.


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Marie-Claude Benoit

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