L’IA de Dataswati décroche un prix au concours 697IA

L’IA de Dataswati décroche un prix au concours 697IA
Actu IA
photo Concours 697IA ©ThomasHAZEBROUCK
Les gagnants de la 4ème édition du concours 697IA – crédit photo @ThomasHAZEBROUCK

C’est la quatrième année que se tient une cérémonie pas comme les autres : 697IA récompense des startups mettant en œuvre des technologies à fort impact pour l’industrie du futur. Parmi les gagnantes, l’une d’entre elles fabrique des intelligences artificielles au quotidien.

D’abord quelques mots sur 697IA, qui tire son nom du numéro de l’astéroïde Galilea, clin d’œil au groupe industriel Galilé à l’origine de ce concours qui sélectionne, au fil d’entretiens diffusés dans l’émission 697IATV relayée sur ActuIA, des innovations potentiellement disruptives pour l’industrie. Huit émissions ont ainsi donné l’occasion aux internautes de découvrir une trentaine de startup candidates, mais aussi d’aborder les enjeux de la prochaine révolution industrielle : l’intelligence artificielle.

Ce thème a également accaparé toute l’attention de la Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, Agnès Pannier-Runacher. « Il y a d’autres technologies majeures à prendre compte, mais l’intelligence artificielle est transverse à tous les secteurs, à tous les métiers. Elle dessine un nouveau capitalisme, dont on commence à voir les contours », a-t-elle déclaré sur scène lors de la remise des prix 697IA. Elle a évoqué « le meilleur de l’IA », avec l’augmentation des capacités de production ou la redistribution des cartes à l’international qui donne toute sa chance à la France. Mais aussi le « le pire si l’on ne s’y prépare pas », comme le risque de voir notre économie déclassée, la perte de souveraineté, et les inquiétudes quant à nos libertés individuelles… Selon la Secrétaire d’Etat à l’Economie, il est urgent dans un premier temps de « passer collectivement au 4.0 », étape incontournable avant même l’adoption de l’IA.

La transformation numérique, comme préalable nécessaire, explique sans doute pourquoi parmi les quatre lauréats du concours du groupe Galilé (voir notre encadré), un seul travaille pleinement sur l’intelligence artificielle. Il s’agit de Dataswati, startup née il y a trois ans, en très forte croissance, dont le produit – une IA appelée PowerOp – a été livrée aux premiers clients : des industriels de l’agro-alimentaire, du traitement de l’eau et du bâtiment. « Nous nous sommes intéressés aux indicateurs de qualité, qui posent problème aux industriels, parce que les mesures peuvent prendre du temps. Par exemple, pour s’assurer de la dureté d’un ciment, il faut attendre 28 jours ! Cela oblige les industriels à faire de la sur-qualité pour limiter au maximum les risques. Cela représente des pertes d’énergie et des coûts importants. Notre algorithme, lui, permet de réaliser des prédictions de qualité en temps réel avec un taux d’erreur allant de 0,1% », explique Gabriel Henry, son prix d’honneur tout juste en poche (un prêt de 5000 euros). L’IA PowerOp recoupe les informations de plusieurs sources : historiques de mesures physiques et chimiques, signaux des capteurs, images filmées par des caméras sur les lignes d’assemblages, météo, retour d’expérience des opérateurs… pour produire des prédictions de qualité sur les process et affiner son modèle au fil du temps. Selon Gabriel Henry, l’industrie commencerait à mieux appréhender l’IA, autrement dit à en comprendre l’intérêt et les limites.

Le gagnant du premier prix de 697IA, lui aussi, est dans une phase d’évangélisation auprès de sa clientèle. Bioxegy imagine, conçoit et développe des technologies bio-inspirées, c’est-à-dire repensées en partant du vivant, de ce qui existe dans la nature. Sidney Rostan, fondateur-associé, prend l’exemple des petites caméras installées autour des voitures autonomes, qu’on ne sait pas comment nettoyer : « Quand elles sont encrassées par la boue, la neige… on utilise des gicleurs d’eau qui consomme 100 litres par heure ! C’est énorme et les réservoirs sont vite vides. Pour résoudre ce problème, nous sommes allés voir du côté des animaux qui vivent dans des milieux arides. Les yeux des chameaux, notamment, gèrent les grains de sable, des impuretés très fines, grâce à leurs troisièmes paupières. Nous nous en sommes inspirés pour nettoyer efficacement les petites caméras des voitures, en consommant un minimum d’eau ». Pour arriver à ce résultat, Bioxegy fait travailler des biologistes qui structurent et catégorisent les « savoir-faire du vivant » et a créé, selon ses dirigeants, la première base de données biomimétique en France. Pour l’heure, Bioxegy ne fait pas intervenir l’intelligence artificielle dans son activité, mais cela pourrait rapidement arriver. Sidney Rostan planche actuellement sur cette grande question : « Qu’est-ce que l’IA peut apprendre de la nature ? ». Des pépites comme celle-là, on se régale à les découvrir !

Les lauréats récompensés lors de la 4ème édition de 697IA

photo Gagnant ©ThomasHAZEBROUCK
Bioxegy remporte le concours – crédit photo @ThomasHAZEBROUCK

1er prix : Bioxegy

Agence d’innovation et bureau d’études, Bioxegy a remporté la première place, soit un prêt d’honneur de 25.000€. L’entreprise intervient auprès de grands groupes, ETI et PME, tous secteurs confondus afin de les aider à réinventer ou améliorer leurs produits et services en tirant parti de la nature.

2ème prix : Revcoo

Revcoo obtient un prêt d’honneur à hauteur de 15.000€ pour son procédé de capture d’air cryogénique captant le CO2 en faisant chuter la température en dessous de -143 ° C. Un des avantages de ce procédé est qu’il recycle le froid qu’il produit afin de réduire sa consommation d’énergie tout en offrant une efficacité de captage allant jusqu’à 99%. 

3ème prix : DATASWATI

Fondée par une équipe d’experts (HEC, PhD, Polytechnique), DATASWATI est reconnue DeepTech dans l’écosystème des startups franciliennes en IA et Industrie 4.0. Qu’il s’agisse du suivi de cuisson dans l’industrie agro-alimentaire, le suivi qualité de l’eau ou tout autre processus industriel complexe, l’IA développée par DATASWATI permet un meilleur contrôle pour une réduction des coûts et une amélioration de la qualité. L’entreprise récolte un prêt d’honneur de 5.000€.

Prix coup de cœur Farman : Push4M

Dernier lauréat, Push4M a également rempoté un prêt d’honneur de 5.000€. L’entreprise conçoit des muscles mécaniques afin d’assurer la mobilité des jambes et des bras des robots en résolvant le problème énergétique des machines actuelles.

Les quatre finalistes bénéficieront également d’un mentorat sur mesure, d’une formation d’expert et d’une incubation pour continuer à développer leur savoir-faire. 

 

Davantage qu’un simple concours, 697IA joue le rôle d’accélérateur de projets. Et devrait très prochainement intégrer une Fondation qui réunira les activités d’incubation, de formation et de recherche du groupe Galilé et de ses partenaires. Le tout à Châlon-sur-Saône, sous l’impulsion du dynamique et surprenant Eric Michoux, président de Galilé mais également Maire d’Epervans et Président délégué à l’économie du Grand Chalon.